‹ Études élémentaires et progressives de la parole de Dieu Nouveau TestamentChapitre 86 sur 286 · LA LOI ET LA GRACE · texte numérisé non relu

LA LOI ET LA GRACE

(Romains 6 : 19-14; 15-19.)

lui appartenir désormais. Or, si tel est le sens et l’effet de la foi qui justifie, comment ne pas voir que, loin de pousser au péché, elle le rend, autant qu’il est en elle, tout à fait impossible. Si celui qui croit pèche encore, ce n’est certes pas par la foi qu’il pèche, ce n’est pas sa foi qui le fait pécher. Relisez tout cet endroit de l’épiître : on ne peut qu'être frappé de la force du raisonnement, dès qu’on a bien compris ce que c’est que la foi. Vous vous arrêterez surtout au dernier verset. Le péché est la mort: Christ est la vie; celui qui croit n’est plus dans la mort : il est au contraire dans la vie ; ce qui signifie qu’il a décidément fait divorce avec le péché.

41492. (12-14.) Cela étant, il semble inutile d’inviter le fidèle à la sainteté, puisque sa foi est la sainteté même. Mais non, si Dieu nous exhorte à nous convertir, s’il nous exhorte à croire, il nous exhorte aussi à porter les fruits de la foi; rien ne se fait en nous que par la sainte Parole de Dieu. Toujours est-il que les exhortations adressées aux fidèles, supposent én eux ce par quoi ils sont du nombre des fidèles : la foi vivante et justifiante. Voici donc ce que le Saint-Esprit dit à ceux qui sont justifiés par la foi, et ce que la foi de ‘fidèles reçoil sans hésiter, parce que la parole du Saint-Esprit trouve Christ au dedans de leur cœur : « Que le péché ne règne point sur vous ; » car le péché, c’est la mort. Et puisque vous vivez maintenant de la vraie vie, adonnez-vous à la justice en consacrant à Dieu tout votre être. L’Apôtre ne dit pas d’ailleurs qu’il n’y ait plus de péché du tout dans les fidèles ; rnaïs il dit que le péché ne domine plus sur eux : la raison en est qu'ils ne sont pas sous la loi, mais sous la grâce.

4493. (15-19.) Là-dessus vient une autre objection, ou plutôt la même objection sous une autre forme. « Quoi donc! pécherons-nous, parce que nous ne sommes pas sous la loi, mais sous [a grâce?» Voici la réponse ; elle ne paraît pas très directe, mais elle n’en est pas moins décisive. L’homme doit nécessairement choisir entre deux esclavages : il est esclave, ou du péché ou de la justice, ét bien que PApôtre ne s’exprime pas en ces termes, il est esclave de Satan ou de Dieu, de la loi ou de la grâce. Non que le péché, Satan et la loi soient une seule et même tyrannie, comme la justice, Dieu et la grâce sont une même délivrance ; mais à la loi correspond le péché, comme à la grâce correspond la justice. Or, demander s’il est permis de pécher parce qu’on est sous la grâce et non sous la loi, c’est supposer qu’on péchera d'autant plus que, d’esclave du péché, on est devenu l’esclave de là justice !

LA LOI ET LA GRACE. 167 (Romains G : 16, 17; 20-23. © : 1-6.)

4124. (16, 17.) Au surplus, c’est volontairement que l’homme est esclave, ou du péché, ou de la justice; sous l’un et l’autre de ces mattres, il fait en définitive ce qu’il a librement résolu de faire. Mais il n’y à de vraie liberté que pour ceux qui, par la grâce de Dieu, obéissent de cœur à la doctrine du salut, puisqu'ils échappent ainsi à l’esclavage du péché (2 Cor. 3 : 17; Jean 8 : 36). Il faut convenir qu’en même temps on s’asservit à Dieu et à la justice, ce qui est la sanctification; mais vouloir ce que Dieu veut, n’est-ce pas être libre? Que vous arrivait-il, dit l’Apôtre aux fidèles, lorsque, esclaves du péché, vous étiez libres à l'égard de la Justice, maîtres de faire votre mauvaise volonté? Quel fruit portiez-vous alors? Des choses dont vous avez honte aujourd’hui et qui aboutissent à la destruction, Maintenant, au coftraire, vous portez des fruits de sanctification et vous marchez vers la vie éternelle (20-23). D’un côté donc, la mort, solde que le pécheur gagne péniblement en faisant là guerre à Dieu; et d’un autre côté, la vié éternelle, don de la grâce de Dieu en notre Seigneur Jésus-Cbrist. — Après cela, reprenons la question posée par l’Apôtre : « Pécherons-nous, parcé que nous né sommes pas sous la loi, mais sous la grâce? » Réponse : Non, cértes; car sous le règne de la grâce ét par cette grâce même, nous avons secoué l'esclavage du péché pour nous adonner à la justice ; nous avons de bon cœur chargé sur nous le joug du Seigneur (Matth. 41 : 29); nous avons vu tout ce qu'il ÿy a de honteux et de périlleux dans une vie de péché; sous le règne de la grâce enfin et par elle, nous possédons Christ au dedans de nous et avec lui l’éternelle paix, ce qui veut dire la sainteté.

44938. (7 : 1-6.) Autre manière de le démontrer. Comparant une âme qui se convertit à une femme qui épouse un nouveau mari, son premier mari étant mort, et reprenant une idée émise plus haut, le Saint-Esprit établit que les fidèles ont tous été cloués avec Jésus- Christ en sa croix, comme en Adam tous ont péché. Mais c’est la loi violée qui à exigé cette mort ignominieuse, et, de plus, ce qui a été frappé sur la croix, c’est notre chair, notre vieil homme, le péché, auquel notre âme était, non-seulement asservie, mais volontairement unie et comme mariée. Or, si ce premier et méchant mari a été crucifié avec Jésus-Christ, C’est afin que nous püssions épouser Celui qui s’est réveillé d’entre les morts, et porter, par sa grâce, des fruits de justice à la gloire de Dieu. Lors donc que nous étions mariés à ñotte propre chair, nos passions avaient libre cours nonobstant la loi; elles étaient même irritées par elle, et ces passions ne portaient que

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