‹ Études élémentaires et progressives de la parole de Dieu Nouveau TestamentChapitre 87 sur 286 · JA LOI · texte numérisé non relu

JA LOI

(Bomaïins ? : 7,8; 9-12.)

des fruits de mort. À présent, au contraire, à nous supposer vraiment convertis, nous sommes affranchis de nos premiers liens et de la loi qui les avait rendus si amers. Si nous sommes toujours asservis, ce n’est plus à la lettre, ou en d’autres termes, à la loi; ce n’est plus selon le vieil homme, mais selon l’homme nouveau.

4196. (7, 8.) À ce compte-là, c’est une bien mauvaise chose que la loi; car, d’après tout ce qui vient d’être dit, elle n’est, semble-t-il,

que malfaisante! « Qu’ainsi n’advienne, » s’écrie l’Apôtre! La loi

n’est pas péché; la loi ne pousse pas au péché, elle n’est pas coupable de nos péchés : c’est elle, au contraire, pour le redire (3 : 20), qui fait connaître en quoi consiste le péché et tout le mal qu’il recèle. Par exemple : Comment savons-nous que la convoitise, le simple désir du mal est coupable? Aucune loi humaine ne le proclame; c’est à peine si la conscience le murmure; mais la loi de Dieu est formelle sur ce point (Exode 20 : 17). Seulement, il faut ajouter qu’en me disant : « Tu ne convoiteras point, » la loi n’ôte pas de mon cœur la convoitise; ceci n’est pas du ressort de la loi. Bien plus, le péché qui est en ma nature pervertie, s’est plutôt échauffé en entendant cette défense, comme au reste en entendant toute défense et tout commandement. Aussi longtemps qu’on laisse faire à un petit enfant ce qu’il veut et qu’on lui accorde toutes ses fantaisies, il semble un ange; mais quand arrivent les exigences du bon ordre, la règle, l’obligation du travail, les appels au renoncement, alors l’ange devient démon; car sans loi le péché est mort.

4127. (9-12.) C’est ce que l’Apôtre va faire sentir, en exposant ce qu’avaient été les diverses phases de sa vie intérieure. Dans les premières années de sa jeunesse, Paul, alors Saul, bien qu’élevé, on peut le croire, par des parents qui l’entretinrent de Dieu et de ses devoirs, Paul vivait sans connaître la portée spirituelle de la loi; sa conduite était bonne à l’extérieur et sa conscience lui faisait peu de reproches: il vivait. Mais, quand, à mesure qu’il s’éloigna de l’enfance, le commandement vint à lui être mieux connu, il sentit tout ce que son cœur recélait de péché; les fautes se multipliant, il vit la distance qui le séparait de Dieu et l’abîime qui se creusait sous ses pas; le péché reprit vie en lui : il mourut. Ge fut ainsi que le commandement, qui n’est pas en lui-même une mort, mais une vie, se tourna en mort quant à Paul. Le mal venait, non de la loi, mais du péché qui était en lui. Cela même prouve que la loi est sainte, l'expression de la sainte volonté de Dieu. Mais si le commandement est saint, il est

LES DEUX MOI. 169 (Romains 9 : 14-23.)

aussi juste et bon; c’est-à-dire qu’il ne prescrit rien que ce qui est dû, rien non plus qui n’ait pour résultat naturel de nous rendre heureux. Rappelez-vous en effet les deux grands commandements qui résument tous les autres [3169]. Quoï de plus saint, de plus juste et à la fois de plus bienfaisant ! En disant que le commandement fut une mort pour lui (43), Paul a voulu dire qu’il fut, non pas la cause, mais l’occasion de sa détresse, tout le mal étant venu du péché. Or, voilà précisément ce qui montre combien est excessive la corruption naturelle de notre cœur; c’est qu’une loi sainte, juste et bonne, ne puisse finalement que nous perdre. — Je sens qu'ici, non moins qu'ailleurs, j’affaiblis singulièrement les paroles de l’Ecriture; mais comme je ne puis aspirer à les rendre en des termes plus forts et qu’il ne servirait à rien de les répéter purement et simplement, je me borne à les expliquer, et l’explication ne saurait jamais avoir l’énergie du texte sacré.

4198. (14-23.) La loi donc, bien qu’appelée ailleurs une Lettre, par opposition à l'Esprit (2 : 27; 2 Cor. 8 : 6), la loi est néanmoins spitituelle : dans sa source, qui est Dieu ; dans son principe fondamental, qui est l’amour; dans ses prescriptions mêmes, puisqu'elle défend la convoitise; mais moi, dit Paul, moi, considéré dans mon état naturel, je suis charnel, vendu au péché. La disposition au mal n’est pas complétement bannie de mon cœur; ce qui le prouve, c’est que, souvent, je fais le mal que je ne voudrais pas, et je ne fais pas le bien que je voudrais. Cependant, mon cœur renouvelé ne trouve rien à reprendre dans la loi de Dieu : je l’estime bonne; bien plus, comme David, je puis dire que je l’aime (Ps. 419 : 97). Il y a donc, en quelque sorte, deux moi dans mon homme actuel; un moi en qui nul bien n’habite : c’est ma chair, c’est le péché habitant en mon âme; puis, un moi qui prend plaisir eh la loi de Dieu : c’est mon homme intérieur. En d’autres termes, je suis à la fois sous une loi ou sous une puissance de péché, et sous une loi ou sous une puissance de grâce; et, quoique celle-ci m'ait délivré de lesclavage du péché, toujours est-il que je me retrouve, trop souvent, hélas! sous linfluence de la loi ou de la puissance qui est dans mes membres, c’està-dire dans ma chair, dans mon vieil homme. Il n’est pas d'enfant de Dieu qui n’ait fait ces humiliantes expériences.

4199. Tout ceci enrichit la doctrine de Paul d’une idée nouvelle et fort importante. On aurait pu croire que celui qui est justifié par la foi n’a plus rien à démêler avec le péché, parce qu'il n’est pas sous

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