LUTTES DU FIDÈLE. LA CHAÏR ET L'ESPRIT
(HRomaîns ? : 24; 25. 8:1.)
la loi, mais sous la grâce. Maintenant, l’exposition de la vérité sur ce point est complète. La foi qui justifie, place le fidèle en de telles relations avec Jésus-Christ, qüe, non-seulement il n’est plus sous là condamnation portée contre le péché, mais encore qu’il est délivré de l'esclavage de cet ennemi. Ge n’est pas prétendre qu’il n’a plus à lutter, ni même qu’il remporte constamment la victoire; car le fidèle aura toujours à pousser ce cri, non de détresse, mais de componction : « Misérable homme que je suis! qui est-ce qui me délivrera du corps de cette mort? » (24.) D’un autre côté, comme il cherché et trouve en Jésus-Christ sa délivrance de tous lés moments, de même qu’il y a cherché et trouvé le pardon de ses péchés passés et sa réconciliation avec Dieu, il aura toujours à s’écrier aussi, le cœur plein de réconnaissance : « Je rends grâces à Dieu, par Jésus-Christ notre Seigneur! » (25.)
4130. (25.) En résumé, si nous sommes de ceux dont le Saint-Esprit a renouvelé l’entendement, il ne nous viendra pas à la pensée de nous soulever contre la loi de Dieu, dont le sommaire est l’amour. Au contraire, nous nous y Soumettrons de grand cœur, parce qu'elle est sainte, juste, bonne et spirituelle; nous lui rendrons une obéissance de dévouement et non de contrainte; nous l’aimerons enfin, par la raison même que nous ne sommes plus sous la loi; c’est-àdire sous la condamnation et sous le péché, mais que nous sommes sous la grâce, et par là dans amour et dans la paix de Dieu. — C’est vraiment une belle et sanctifiante doctrine, qué celle de la justification par la foi!
CCCVIT. — Privilèges du pécheur justifié.
4131. (8 : 1.) La pensée exprimée au commencement de ce chapitre se lié évidemment à celle qui termine le chapitre 5. L’entredeux avait été employé à prévenir certaines objections, tout en jetant un nouveau jour sur le sujet principal, savoir les grâces qui découlent de la justification par la foi. Le Saint-Esprit les avait d’abord résumées en un seul mot : la paix ou la réconciliation avec Dieu (5 : 1); il reprend la même idée en disant : «Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui, dans le Christ Jésus, marchent, non selon la chair, mais selon l'Esprit. » Le jour même où le pécheur se convertit il passe de la mort à la vie. Réconcilié avec Dieu, justifié par la foi, il n’y a plus, pour lui, de condamnation pos-
LA GHAIR ET L'ESPRIT. 471 (Romains 5 : 2, 3, 4, 5.)
sible, par la raison que, dès ce moment, il ést un avec Christ. La foi établit entre Jésus et nous une union tellement intime que nous sommes en lui, comme si nous faisions partie de sa personne; et, par cela même, nous ne pourrions être condamnés sans qu'il le füt de nouveau. Comme conséquence de cette union et bien que les fidèles aient constamment à lutter contre la chair, ils ne marchent pas selon la chair; ce n’est plus la chair qui est le principe de leur activité, c’est l'Esprit. Cet Esprit est un esprit Vivifiant, qui communique aux âmes la vie même du Christ; et il y a une loi de l'Esprit, c’est-à-dire que l'Esprit agit avec puissance pour affranchir les âmes de la loi ou de la puissance du péché et de la mort (2). Ainsi, le Fils de Dieu, notre Sauveur, opère, par son sacrifice et par son Esprit, ce dont la loi de Dieu était absolument incapable, non par quelque imperfection qui résidât en elle, mais par le péché qui est en nous (3). C’est une eau pure, la loi de Dieu! mais le vase qui devait la contenir est souillé; c’est une lumière, mais une lumière qui tombe sur un verre terni, Or, ce que ne pouvait faire la loi, Dieu l’a effectué par l’envoi de son Fils. Celui-ci, devenu semblable à nous, a subi la malédiction du péché; il a reçu en sa chair la condamnation méritée par les hommes, non-seulement afin de les délivrer de la peine méritée, mais aussi pour que l’ordonnance de la loi fût accomplie en ceux qui marchent, non selon la chair, mais selon l’Esprit (4). C’est-à-dire qu’il purifie le vase en s’y répandant et qu’il polit le verre enle traversant, Donc, le fidèle est tout à la fois délivré de la condamnation de ia loi, et rendu capable de soumettre son cœur à cette même loi. De plus, s’il y a opposition entre la loi et la grâce, entre les œuvres et la foi, cette opposition n’existe que pour le pécheur irrégénéré; elle disparaît en Christ. Hors de lui, la loi nous tue; parce que, hors de lui, lobéissance à la loi est impossible; en lui, au contraire, l’obéissance, fruit de l'Esprit, devient douce et possible : la loï ne va plus à la mort. | | F 41392, (3.) Et voici ce qu’on peut envisager comme le développement de cette idée. Ce qui est né de la chair est chair, a dit Jésus- Christ (Jean 8 : 6) ; ceux qui sont selon la chair, sont donc les pécheurs irrégénérés. Or, de tels hommes ont leurs pensées aux choses de la chair; leur esprit et leur cœur s’occupent par-dessus tout des intérêts de la terre et du présent siècle; s’ils ne méditent pas sans cesse de nouveaux péchés, on peut bien dire toutefois qu’ils se procurent, Île plus qu’ils peuvent, la satisfaction de leurs goûts et de leurs penchants
172 LA CHAIR ET L'ESPRIT. 1e
(Romains 8 : 6, 7,8; 9.) HR naturels; car, je le disais tout à l’heure, le principe de leur activité est la Je Il n’en va pas ainsi du eo régénéré. Nonobstant Fou
à l’ordinaire du côté de Dieu, de sa grâce, de sa Paroles il» y pour lui un monde spirituel qui domine le monde terrestre, un avenir cé= leste auprès duquel tout ce qu’on appelle avenir ici-bas n’est que va. . nité; en un mot, Christ et son œuvre lui sont la réalité suprême. Tout rs pie résulte de ce qu’il est passé de La mort à la vie. La pensée de. la. | chair est une mort qui n’engendre que la mort (6); les fidèles done. se ne sauraient sy plaire, eux en qui réside maintenant la vraie vie. Les pensées de l'Esprit étant au contraire des pensées productrices de paix
et de vie, il ne se peut qu’elles ne deviennent leurs propres pensées.
La raison d’ailleurs qui fait des pensées de la chair une mort, c’est que la chair est en hostilité continuelle contre Dieu (7). Le mot est fort, mais il est vrai. Il n’y a personne qui, s’il se laissait aller à la vanité de ses pensées, s’il faisait tout ce que lui dicte son mauvais cœur,
ne marchât, d’égarements en égarements, toujours plus loin de Dieu,
et ne finît par faire bande avec ceux qui se posent fièrement comme les adversaires de toute piété et de tout bien. Car la pensée de la chair est mauvaise, c’est-à-dire qu’elle est tout l’opposé de Dieu et de ses pensées. Il n’est donc pas étonnant qu’elle ne se soumette pas à la loi
de Dieu, et il est vrai d’ajouter avec lPApôtre que même elle ne le peut, vu que le péché ne saurait-être saint, ni vouloir le devenir. C’est pourquoi le pécheur, avant sa conversion, ne saurait plaire à Dieu d'aucune sorte (8). Si donc Dieu nous à convertis, ce n’est pas à raison de quelque chose qui, étant en nous, nous ait mérité cette grâce. Cest parce qu’il a plu à Dieu de nous sauver, et non parce que nous
lui avons plu.
4133. (9.) Quant à ceux à qui Paul écrivait et auxquels il avait donné le titre d’appelés et de saints (4 : 7), il aime à voir en eux des hommes animés du Saint-Esprit et réellement convertis au Seigneur. Mais comme il pouvait cependant se trouver au milieu d’eux des gens qui n’eussent que les apparences de la foi, il ajoute : « Si du moins Esprit de Dieu habite en vous; » ce qu’il accompagne de cette importante déclaration : «Si quelqu'un n’a pas l’Esprit de Christ, celui-là n’est point à lui. » Que mes lecteurs y fassent donc une sérieuse attention. Il en est peu, je pense, qui prissent froidement leur parti de n'avoir rien de commun avec Jésus-Christ; mais pour être sauvé par lui, il ne suffit pas de lui appartenir de nom, ou par une foi morte ; il