‹ Études élémentaires et progressives de la parole de Dieu Nouveau TestamentChapitre 93 sur 286 · LES DÉCRETS DE DIEU · texte numérisé non relu

LES DÉCRETS DE DIEU

(Romains 9 : 14-18; 19-29.) deux fils, dont un seul fut héritier de cette promesse. Or, remarquez que ce ne fut point en vertu de ses œuvres, mais en vertu d’une élection divine. De ces deux faits résultent que, de tout temps, on ne fut vraiment Israélite que par la foi et par une grâce spéciale et personnelle.

4143. (14-18.) Mais à entendre la chose de cette manière, n’y a-t-il pas de l’injustice en Dieu ? Paul s’était déjà posé cette question, presque dans les mêmes termes , et 1l y avait répondu en disant : Quoi qu’il en soit, il faut de toute nécessité que Dieu juge le monde (3:5,6). Cette fois, il se borne à citer deux passages de l'Ancien Testament qui reviennent à dire que Dieu est le maître, qu'il est souverain, et qu'il ne doit compte à personne de ses actes (Exode 33 : 19; 9 : 16). Dieu fait miséricorde, sans autre raison que sa miséricorde même. Et puisque c’est par miséricorde qu’on est sauvé, ce ne sont donc pas les efforts de notre volonté, ni le déploiement de nos forces qui nous sauvent. D’un autre côté, Dieu n’est pas obligé de sauver tout le monde; car s’il y était obligé, ce ne serait plus de la miséricorde, mais une nécessité. Bien plus, Dieu n’est pas tout miséricorde ; ou, pour mieux dire, si, dans un sens, il est tout miséricorde, tout amour, il est aussi tout sainteté, tout justice; et, quand un Pharaon méprise sa voix et sa puissance, il lui fait sentir cette puissance par l’endurcissement du cœur, le plus terrible des jugements [677].

4144. (19-29.) Alors donc, pourquoi se plaint-il encore, puisque tout finit par se passer selon sa volonté, soit quant à ceux qui sont sauvés, soit quant à ceux qui se perdent? — Il faut avouer que cette objection se présente naturellement à l'esprit, et de plus, que l’Apôtre semble d’abord renoncer à en faire la réfutation, se bornant à nous nier le droit d’entrer en discussion sur ce point. Cependant, ceci même est une première réponse à l’objection. Vous ne comprenez pas le mystère des décrets de Dieu et vous en contestez la justice! Mais qui es-tu, Ô homme! pour disputer avec Dieu, toi, non-seulement sa créature, mais encore sa créature révoliée ? (20.) Est-il étonnant que la créature ne comprenne pas le fond de la pensée du Créateur, et que le rebelle méconnaisse l’équité de son juge ? La comparaison que fait l’Apôtre (21), comme toutes les comparaisons et toutes les paraboles, ne doit pas être serrée de trop près, autrement on lui ferait dire ce qui ne fut pas dans lintention du Saint-Esprit. Il n’entend pas que l’homme n'ait pas plus de part à son salut qu’une masse de terre n’en a dans la confection du vase que le potier en fait sortir; car c’est

Page 1