LA JUSTICE QUI VIENT DE DIEU
(Romains 10 : 1-3; 4-13.)
foi; et, selon la prophétie, ils étaient allés se heurter contre le Rocher des siècles. Jésus-Christ était devenu pour eux une pierre d’achoppement, ce même Jésus dont il est dit que Gelui qui croit en lui ne sera pas confus (Es. 8 : 14; 28 : 16). Voici donc, mes chers lecteurs, à quoi se réduit la question au point de vue pratique. Il ne s’agit pas de céder à une curiosité qui ne saurait être satisfaite, ni de vous informer des conseils secrets du Seigneur à votre égard. Le fait est qu’il vous appelle au salut; je n’en veux pas d’autre preuve que l’étude à laquelle vous vous livrez en ce moment. Eh! bien donc, abandonnez toute idée de vous justifier devant Dieu par vos œuvres, cherchez votre justice en Jésus-Christ; c’est ainsi que vous prendrez place parmi les vases de miséricorde que Dieu a préparés pour sa gloire.
4447. (10 : 1-3.) Ce point est si important que l’Apôtre y revient encore. Il n’y avait rien qui lui tint plus à cœur ni qu’il demandât plus vivement à Dieu que le salut des fils d'Israël. Or, ce qui mettait obstacle à l’accomplissement de ses prières, ce n’était pas que ses compatriotes fussent dépourvus de tout principe religieux. Ils avaient du zèle, mais c'était un zèle sans connaissance, comme avait été celui de Paul quand il persécutait les saints, comme est celui de tant de gens parmi nous. On mène une vie honnête et on remplit certains devoirs de piété ou de bienfaisance ; mais, méconnaissant la justice qui vient de Dieu, on cherche à établir sa propre justice et, de cette manière, on ne se soumet pas à l'institution divine quant à la voie du salut. Rien donc n’est plus clairement exprimé par l’Ecriture que cette doctrine, savoir qu’on se prive volontairement de la vie éternelle quand on veut se sauver par ses propres œuvres, non moins que si l’on se permet tous les égarements du péché.
M8. (4-13.) Comme dans son épitre aux Galates, mais avec plus de développement, l’Apôtre établit que Christ est la fin ou l’accomplissement de la loi, et que par conséquent c’est en lui seul que se trouve la justice. On peut se représenter une justice selon la loi. Ce serait celle qui résulterait de la pratique persévérante et sans tache des commandements de Dieu (5), obéissance semblable alors à celle de Jésus-Christ. Mais il y a un autre moyen d’être juste, c’est la foi; moyen admirable dans sa simplicité et dans son universalité. En effet, toute l’œuvre de notre rédemption s'étant accomplie par la mort et par la résurrection du Sauveur, il ne s’agit pas de nous demander qui donc ira pour nous au ciel afin de nous réconcilier avec Dieu? ni qui descendra dans l’abîme (6, 7), pour en retirer nos corps? Ce serait
FOI ET INCRÉDULITÉ. 181 (Romaïns LO : 11-13; 14,15; 16-21.)
vouloir que Jésus-Christ redescendit du ciel pour y remonter, ou qu’il mourût une seconde fois, pour ressusciter de nouveau. D'ailleurs, la prédication de la foi est fort simple (8); le plus petit enfant sait la répéter : «Christ est mort à cause de nos offenses ; il est ressuscité à cause de notre justification, » et c’est une parole qui, si on l’écoute, va bien autrement au cœur que la loi. Que vous reste-t-il donc à faire pour être sauvés, Ô vous pécheurs, qui que vous soyez? Rien, si ce n’est de confesser Jésus pour votre Sauveur, après avoir cru du cœur que Dieu la ressuscité d’entre les morts (9, 10). Mais remarquez bien que c’est la foi du cœur et non une autre qui procure la justice; remarquez en outre qu'il faut la confession de la bouche, car si le cœur est plein, la bouche parle; et, si nous ne confessons pas le Seigneur devant les hommes, il ne nous confessera pas dans le ciel (Luc 12:9). 4449. (41-13.) Toujours est-il que la voie du salut est, ainsi que je l'ai dit, d’une admirable simplicité, ce que l’Apôtre exprime en empruntant ces termes au prophète Joël : «Quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé » (Joël 2: 32). Ces mêmes paroles proclament l’universalité de la grâce de Dieu en ce sens , que Juif ou Grec, petit ou grand, riche ou pauvre, savant ou ignorant, tout pécheur, quel que soit le nombre ou la gravité de ses fautes, est autorisé à croire en Jésus-Christ, à invoquer son nom; et, faisant cela, il est sauvé. C’est ce que le Saint-Esprit avait déjà déclaré, au commencement de cette épitre (3 : 22), et ce qui ressort avec évidence de maintes paroles des
prophètes, comme de tous les enseignements de Jésus-Christ. M50. (14, 45.) De là résulte la nécessité de la prédication du salut par toute la terre. Car, pour invoquer le Seigneur, il faut croire en lui; pour croire en lui, il faut en avoir entendu parler, il faut que quelqu'un le prèche; et pour qu’il y en ait qui le prêchent, il faut qu’ils soient envoyés de Dieu, auteur du salut dans ce qui y sert de préparation, comme dans ce qui le commence et dans ce qui l’achève. Et voilà ce qu’avaient aussi prédit les prophètes de l’Ancien Testament (Es. 52 : 7). Mais la foi est un acte d’obéissance (16-21) ; c’est la soumission du cœur à la Parole de Dieu et le consentement au moyen choisi par sa grâce pour sauver les pécheurs. Ceci nous explique pourquoi l’homme, qui est tout révolte contre Dieu, se révolte aussi contre la prédication du salut par la foi, selon ce qu'avait dit le même prophète (Es. 53 : 1). Déjà du temps de l’Apôtre, la Parole de Dieu, cette Parole sans laquelle la foi est impossible, avait été annoncée à une multitude de peuples divers sous le ciel; mais
182 FOY ET INGRÉDULITÉ.
(Romains A1 :1-5;: 6; 7-10.)
que d’incrédulité n’avait-elle pas rencontrée! Israël avait entendue le premier, et, plus incrédule que les païens, il avait confirmé, par son incrédulité même, la vérité des oracles qui annonçaient que les nations le devanceraient dans le règne de Dieu, parce qu’il persisterait à se montrer le peuple rebelle et contredisant par excellence (Deut. 32 : 21; Es. 65 : 1, 2). Ainsi, nouvel exemple que le salut est par pure grâce, soil qu'on pense aux nations qui ont trouvé Dieu, bien qu’elles ne le cherchassent pas; soit qu’on tourne, avec Paul, un regard de tristesse sur cet ancien peuple qui perdit Dieu, parce qu’il se croyait trop sûr de le posséder.
AA5A. (41 : 1-5). Faudra-t-il conclure de tout cela que Dieu a rejeté son peuple? Non pas son peuple tout entier, dit Paul. Pour preuve, il cite son propre exemple, et il aurait pu nommer bien d’autres Israélites avec lui; car ils se comptaient par milliers, les fils
. d'Abraham qui, dès les premiers jours, embrassèrent l'Evangile. Il est
certain, toutefois, que le gros de la nation avait repoussé le Seigneur, et le repoussait encore. Ce n’était pas un fait absolument nouveau. À diverses époques et notamment au temps d’Elie le prophète, malgré les prérogatives assurées au peuple juif, l'Eternel n’avait été le Dieu que d’un très petit nombre, d’une quantité presque imperceptible de fidèles. Si donc on estime, comme on le doit, que, même alors, Israël ne laissait pas d’être le peuple de la promesse, il n’y avait pas de raison pour qu’on en jugeât autrement à l’heure où Paul écrivait : le peuple en masse était incrédule, mais il y avait là des âmes que Dieu s'était réservées, selon l'élection de grâce [2592. Résidu].
4152. (6.) « Selon l'élection de grâce, » dit l’Apôtre, et ce mot de « grâce » ne saurait reparaître sans qu'il explique de nouveau. La grâce, relativement au salut, c’est le contraire de l’œuvre; tellement le contraire que, si quelqu'un prétend à être sauvé en vertu de ses œuvres, il n’y a plus de grâce pour lui, et que, si quelqu'un croit en la grâce de Dieu, il ne parlera plus jamais de ses œuvres pour s’en faire un mérite.
4153. (7-10.) Reprenant le fil de ses idées, Paul conclut donc en disant que les Juifs ayant cherché le salut dans la vertu de leurs prérogatives nationales, ne ly ont pas trouvé, parce que ce n’est pas là qu’il pouvait être ; mais que, les élus de Dieu ayant cherché ce salut dans le Christ, en vue duquel existaient ces prérogatives, ils Font obtenu de la grâce de Dieu. Quant aux premiers, leur endurcissement