LE RÉTABLISSEMENT D'ISRAEL
(Romains 11 : 22.)
Abraham, Isaac et Jacob; sainte aussi dans son ensemble, mais d’une autre manière, car les mots sainf et sainteté, comme les mots for et fidele ont un sens large et un sens étroit, faciles à distinguer suivant les cas. L’Apôtre compare les convertis d’entre les nations aux branches d’un olivier sauvage qui auraient été greffées sur les branches tronçonnées d’un olivier franc, le peuple juif (13, 17, 18). Il les invite en conséquence à ne pas triompher de la chute d’Israël, à ne pas le mépriser (ce que font, hélas! tant de soi-disant chrétiens) ; mais à se souvenir qu'après tout, Israël est la racine d’où les païens convertis et ceux qui en descendent tirent leur sève et leur huile. Il est vrai que les branches du véritable olivier furent retranchées à cause de leur incrédulité, et que nous, qui les avons remplacées, nous nous tenons debout par la foi; mais malheur à ceux qui ne voient là qu’une occasion de s’enorgueillir! (19-21.) Demeurons plutôt dans une crainte salutaire; car si Dieu n’épargna pas les branches naturelles, il n’a pas épargné non plus cette Eglise de Corinthe d’où Paul écrivait, ni celles d’Ephèse, de Philippes, de Césarée, d’Antioche, branches entées sur l'olivier, branches maintenant retranchées; et l'Eglise de Rome elle-même, à qui Paul adressait sa lettre, qu’est-elle devenue?
4456. (22.) Tout ceci conduit à considérer Dieu sous le double aspect de sa bonté et de sa sévérité. Les uns, ne voulant voir en Dieu qu’un Dieu de bonté, finissent par annuler sa justice. De cette manière, ils font de lui un complice de nos iniquités, un ami et un fauteur du vice : idée de Dieu qui est souverainement fausse et immorale. D’autres, tout pénétrés de terreur, ne voient que la sévérité avec laquelle Dieu traite, de siècle en siècle, le monde des impies, et qu’il révélera plus magnifique et plus épouvantable encore au dernier jour : idée partiale également, quoique dans un autre sens ; erreur qui éloi- gne de Dieu, et qui, par là, produit les mêmes conséquences d’immo-
di ralité. Cest donc à considérer tout à la fois la bonté et la sévérité de
Dieu que gît la sûreté de nos âmes. Quand on voit de quels jugements il a frappé le Juif incrédule, si longtemps comblé des bontés de son Dieu, il y a de quoi nous faire réfléchir nous-mêmes, objets actuels de ses promesses. Pour qu’il ne nous arrive pas comme à eux, croyons à l’amour de Dieu tout en pensant à sa sévérité, et croyons à sa sévérité sans jamais oublier son amour. En d’autres termes, croyons du cœur à Jésus-Christ, car c’est en lui que l'Eternel est un Dieu fort, juste et sauveur (Es. 45 : 21),