Cours d'histoire du Canada, volume 1, p
39. Notons que, de 1686 à 1702 nous avons eu au pays un intendant du nom de Jean Bochart de Champigny, qui n'a rien à voir avec Duplessis-Bochart.
40, Et dans ces dernières années, l’abbé Auguste Gosselin, qui confond ces deux personnages.
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M. LE GAUFFRE ET SON TESTAMENT Le premier évêque du Canada
is, M. Raoul Allier raconte un la Compagnie du Saint-Sacrené au Grand-Lucé, diocèse du uditeur à la Cour des Comptes en 1636. Il avait été, dès ça Il entra, en 1638, dans l’intiez-
3; la société ait “ni rnes, ni mesures, ni restrictions que celles que la prudence et Je discernement doivent donner dans Jes emplois.” Ils prétendaient donc n'être point comme les congrésarions ou les confréries de piété, dont cha- Cune a un esprit s commune,
la sanctification du sanctuaire lui-même, transformer peu à peu le clergé, le soumettre à une discipline renouvelée, assurer son éducation dans des séminaires, réaliser toutes les réformes décidées par le Concile de Trente, etc. Mais ils voulaient aussi ranimer la vie morale et la piété dans le monde laïque, faire de la Cour l'instrument des volontés divines pour le salut de la France, stimuler chez les magistrats de tous ordres le zèle de la justice et la volonté de concourir au triomphe du catholicisme. Ce n’était pas un ordre religieux qui prenait place à côté des autres; c'était un effort que tentaient des hommes de toute vocation pour faire fond à l’oeuvre divine, au rang et dans la profession où la Providence les avait mis. Ainsi s'était formée une sorte de Ligue dont, pendant trente ou quarante ans, de 1630 à 1666, et sans doute
plus tard, on distingue l’action derrière tant d’événements du XVIIe siècle, et où l'on découvre, avec quelque surprike, les plus grands noms d'alors.” (1)
Le Temps, d'Ottawa, ayant vu l'étude de M. Allier (2), parle de l’abbé Thomas Le Gauffre, qui fut l’un des fondateurs de la Compagnie du Saint-Sacrement, là-bas, en France, il y a deux cent soixante-quinze ans “et qui laissa un testament”, dont le Temps ne dit pas un mot. Si je vous expliquais que ce personnage appartient à l’histoire du Canada, vous seriez étonné. L'auteur de l’article parcillement. Donnons les faite, en bref:
1. Ar‘icle éditorial paru dans le Temps, d'Ottawa, le 22 octobre 1905; en réponse à cette note, M. Sulte écrivit ce qui suit.
2, Raoul Allier, professeur et philosophe francais, autenr de nombreux ouvrages, entr'autres la Cabale des Dérôts, 1627- 1666 (1902), d’où est extraite, puis augmentée, l'histoire du procès en question, parue dans la Revue de Paris. septembre 1902.
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M. LEGAUFFRE ET SON TESTAMENT 31 DR ee US Sn
L'année 1615 on vit pole de la traite des f du Canada. De nou le commerce et dans l'administration publique. C'était une &rosse révolution dans un petit monde, A l’arrivée des navires de France, l'été de 1616, on apprit que la situation du Canada donnait lieu à nombre de commentaires, de projets, de disputes mêmes, à la Cour, dans Paris, à Rouen, Dieppe, Nantes sur Plus d’un sujet : d’abord la traite des pelleteries, ensuite la participation que demandait Montréal dans le gou- Yernement du pays, le recrutement des colons, la guerre des Iroquois, et l’à-propos de nommer un évêque pour toute la Nouvelle-France. M. de Maisonneuve était à Paris pour agiter ces questions.
En attendant que tout fut réglé, M. Pierre Le Gardeur de Repentigny amenait des colons, ce qui ne se voyait presque plus dopuis 1638 où la terreur des bandes iroquoises avait fait cesser l'émigration des Français vers le Canada. Une nouvelle à sensation était apportée en même temps : notre colonie avait eut un évêque de nommé et lavait perdu. mas Le Gauffre, né au Grand-Lucé, diocèse du Mans, en 1604, Par conséquent dans une contrée qui avait des rapports avec le Canada, était de la Société de Montréal, ce qui contribua à fixer le choix de M. de Maisonneuve,
Le Père Bernard était décédé en 1641 laissant à M. Le Gauffre la direction de ses oeuvres de charité. Le nom de Le Gauffre était dans toutes les bouches à Paris, lon p.sposait au cardinal de Mazarin la nominati évêque pour la colonie, il fallait créer des ressources financières, sans quoi la question n’abontissait à rien, M. Le Gauffre donna une somme suffisante pour former un revenu à l’évêque et à son clergé.
Le siège épiscopal de Rouen croyait avoir droit à gouverner la colonie religieuse, vu le grand nombre de Normands qui y demeuraient. Nantes manifestait une semblab'e prétention, La Compagnie de Montréal et les Jésuites pensaient autrement. Le choix tomba sur l’abbé Le Gauffre. Ce fut réellement le premier évêque canadien. On ne lui en parla point. Le cardinal de Mazarin consulta le plus de gens possible sur ce sujet et se convainquit du mérite de M. Le Gauffre. Il approuva la nomination avec l'entente qu’elle serait soumise à Rome. Lorsqu'il sut comment l’affaire tournait, le brave abbé en fit une maladie. Il rédigea son testament faisant divers legs au clergé du Canada, au montant de quatre cent miile piastres de notre monnaie, si je comprends bien ses calculs, et mourut quelque temps après.
Tout ceci se passait en 1615. M. Le Gardeur allait partir pour le Canada avec ses colon: lor «vil apprit la mort soudaine de M. Le Gauffre. Deux ans pus tard la question d’un évêque canadien se rouvrit. Des influences se mirent en jeu. Mazarin recula devant les difficultés qui surgissaient, Il y eut, en 1646 et 1647, des assemblées en France pour étudier la question, mais sans parvenir à lui donner la forme définitive (3).
3. Lorsque ces négociations commencèrent, les Jésuites déolarèrent que le temps n'était pas venu d'envoyer un évêque au Canada, “exposé à cette époque aux invasions continue les des Iroquois, et encore si peu peuplé”, (abhé Gosselin, la Mix::on du Canada avant Mgr de Laval). La vérité est que les Jésuites, alors chargés de toutes les missions de la Nouvelle-France et qui avaient de si grands domaines ici, nourrissaient le désir de faire nommer un évêque de leur choix à Québec; mais la Compagnie de Montréal ne voyait pas de cette manière, et l’on sait que Maisonneuve était actif et qu'il contrecarra les desseins des Jésuites ; mais lorsqu'ils apprirent la nomination de M. Le Gauffre, ils se montrèrent satisfaits et conciliants, ainsi que le Père Delahaye, en France, qui prenait soin de la Compagnie de Jésus en Canada.
M. LEGAUFFRE
Le premier vicaire apostolique du Canada fut Mgr de Laval, nommé en 1659, I] devint évêque de Québec ans plus tard.
Les legs de l’abbé Le Gauffre, direz-vous, qu'en a-t-on fait? M, Dollier de Casson mentionne qu’ils furent perdus pour le Canada faute d’avoir pris certaines précautions les (4).
L’intéressante étude de M, Raoul Allier, de Paris, renferme beaucoup de choses qui entrent dans l'histoire du Ca nada et qui sont des nouveautés pour nous, puisque nous n°: Yons guère qu’une très courte notice sur celui qui “manqua” d’être notre premier évêque.
Le Père Claude Bernard fut de la Compagnie du Saint- Sacrement qui existait depuis 1630, et n'était pas encore éteinte en 1666. Cette association Pieuse et bien intentionné fit du bien, beaucoup de bien méme, müis resta enveloppée sous le mystère — si l’on aime mieux, elle était inconnue alors dans la plupart de ses actions, mais on savait qu’elle agissait. Toutes le ormes de dévouements Jui Convenaient: soins des malades, éducation des enfants, charités aux pauvres honteux, prédication dans les campagnes, assistance aux missions Sauvages, vêtements donnés aux né-
Quoiqu'il en soit, il est généralement admis que la majorité se montrait revêche à l'idée d'avoir un & êque ici. La Mè Marie de l'Incarnation écrivait la date du 11 octobre 1646 “L'on parle de nous donner un év@ ue: pour moi, mon sentiment est que Dieu ne veut pas encore d'évêque en ce pays, lequel n'est Pas assez bien établi ”
4. M, le Goffre avait laissé ar testament 80,000 livres pour fonder ici un € “hé, mais on avait: Perdu cette somme par arrêt, faute d'avoir di gemment vaqué à cette affair (Histoire du Montréal, p. 69). 1 est À penser que Dollier de son a fait erreur en disant 80,000 livres + ce doit être 30,000 livres: toutefois, d'autres dons avant été ajoutés à celui de M. le Ganffre, le total s'est peut-être élevé à 80,000 livres,
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cessiteux, rien ne larrêtait. Lorsqu'une branche de ses opérations devenait encombrante elle formait un comité pour en prendre la charge et elle continuait ses secours en cas de besoin. Tout cela marchait secrètement, avec ordre; l’argent ne manquait pa: car les “associés” étaient tous gens de moyens, très éloignés de l’esprit d’ostentation, De ait, ils se cachaient et ceci est tellement vrai que l’on ne put jamais les amener au gran jour. N’étant pas révularisés en loi, ils refusaient de se faire connaître si on offrait de leur procurer des fonds pour leur permettre de paraître devant les tribu- Daux; on ne pouvait les y obliger, puisqu'ils n'étaient pas constitués en corps avec l'autorisation légale.
“Cette ligue n'était pas un ordre religieux qui prenait place à côté des autres; c'était un rt que tentaient des Bomme: de toute vocation pour faire fond à l'oeuvre divine, au rang et dans la profession où la Providence les a mis. Or en connaît quelques-uns, ce sont les plus grands noms d’alors: les magistrats de Mesme, les deux Lamoignon, de hauts seigneurs comme Île prince de Conti, le due de Liancourt, le
marquis de Salignac-Fénelon, les maréchaux de Schomberg
et de la Meilleraye, des évêques ou futurs évêques comme Alain de Solminihae, J.-B. Gault, Francois Fouquet, Godeau, Bossuet, et saint Vincent de Paul” J'emprunte ces lignes à M. Raoul Allier.
Le Père Bernard n'était qu'un outil et n’avait aucune place dans les conseils. Sa ferveur agissante lui valait d’é& tre compté parmi les adoptes. Dès 1633, il avait commencé une école d'enfants sans ressources qu’il pensait appelés à la vie sacerdotale et que l’on désignait comme le “Séminaire des Trente-Trois.” Lorsqu'il mourut en 1641, il fit un testament Gaus lequel il désigna, en termes vagues, les quatre ou cinq oeuvres que soutenaient les “associé:” et cela fit du bruit,