‹ Études éparses et inédites de Benjamin Sulte [microforme]Chapitre 27 sur 37 · MS I · texte numérisé non relu

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L'énigme était posée devant un peuple qui ne possédait, pour le moment, nul moyen de le résoudre même à demi (5).

Le poète nous montre les Canadiens se désespérant à la vue des troupes françaises, des magistrats français, des fonctionnaires et des marchands qui ‘embarquaient pour la

France (6). Son imagination paraît être dans le juste, après

les catastrophes, la fin d'un règne, la séparation. Pris entre cette crise humiliante et un lendemain incertain, les Canadiens devaient être aceablés de sombres idées.... mais je ne pense pas que la douleur ait pu durer au delà d’un mois ou deux.

La plupart des poètes n'étudient pas. Jls vivent d’imagination. Ce sont des faux témoins sans s'en donter. Ils font souvent le mal croyant faire le bien. Et plus un poète

and plus il transforme les choses. Ainsi, jugez de leur

La poésie semble avoir pour mission de dénaturer

Une autre surprise fut grande en 1764, lorsque les lois >s furent introduites « la colonie, On avait j mps de voir se dissiper bien des pré} et, comme le dit te, de ressentir même de l'affection pour le gouvernement qui respectait les lois, coutumes et pratiques anciennes. Par bonheur, Carleton était aux éveils et ce orand homme entreprit de réparer le mal commis assez étourdiment.

Myr Jean-Olivier Briand, né le 23 janvier 1715, devint évêaue le 16 mars 1766. On avait eru que Mgr de Pontbriand

ait pas de successeur reconnu par le gouverne ent britannique et l'acceptation de ce nouvel évêque contrih beancoup à calmer l'esprit des Canadiens qui res it craintif à l'égard des intentions du pouvoir nouvean dept . En 1767, Guy Carleton, afin de mettre fin aux injustici qui frappaient les Canadiens, fit un port cons ancieux sur da noblesse du pays, en indiquant l'âve, le rang et la résidence de tous les nobles. Ce relevé est des plus importants pour l'étude de l’époque en question. M. l'abhé Couillard Desprès a ajouté à chacun d'eux les moms patronymiques.

G. En 1763, les troupes anglaises furent presque toutes renvoyées en Angleterre. On n'organisa aucun système d'immigration au Canada à venir jusqu’à 1815, Les U. E. Loyalists sont venus d'eux-mêmes.

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lhistoire. Les romanciers secondent ce travail étrange. La moitié des vers de Crémazie sont remplis d'erreurs historiques, par conséquent son oeuvre est en grande partie frauduleuse.

Brusquement, on apprit de source officielle que les capitaines et les lieutenants de milice étaient nommés juges de paix pour remplacer les petits tribunaux disparus; des légistes canadiens devaient présider les hautes cours de justice; désormais, tous les paiements seraient faits en or et en argent, au lieu de monnaie de papier réduite à presque rien depuis longtemps; le commerce de détail serait libre, tout monopole étant aboli; on pourrait vendre en dehors du Canada Îles produits de l’agriculture, ce qui avait presque toujours été défendu auparavant... et autres nouveautés qui faisaient connaître l'ère nouvelle.

En peu de temps les Canadiens se rassurèrent. Le clergé et les seigneurs, raisonnant la situation avec les cultivateurs, se montrèrent contents. Or, les années 1761-62 confirmèrent les promessse de l’automne de 1760; il y eut commencement

sérieux dun état de chose satisfaisant. Cette “machine anglaise”, comme on l'appelait, avait du bon. Je vainqueur £ PI

’exerçait aucune tyrannie, pour lors; il onvrait la porte à

Pemploi des ressources de l'habitant, pourvu que cela dure... Mais, si le traité dont on parlait rendait le Canada à la

France!... {1 faudrait rentrer sous le r du bon plai- RÉ

traité fut connu iei au mois de mai 1763. Nous appartenions à l'empire britannique. Personne ne nous a dit comment cette décision fut reçue de la part des Canadiens, Avaient-ils déjà fait la comparaison entre l’ancien régime et celui qui s’offrait à eux? Très probablement, En ce cas, la comparaison ne pouvait être favorable au côté francais; et

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alors, que serait-il arrivé, dans la pensée des habitants, si l’admiuistration française était revenue? Des cris de joie auraient-ils remplacé les marques de désolation que le poète croit voir en 1760? J’en doute. La perspective de subir derechef la dictée du monopole, l’embargo des grains, la disparition de l'argent monnayé, l’inondation du papier-monnaie, tout cela devait plaire médiocrement à notre monde. La cause du système anglais devait être gagnée en ce moment, ou peu s’en fallait.

Le lecteur comprend avec quelle précaution je touche ce point délicat. Je serais bien plus à l'aise si je pouvais m’appuyer sur des documents solides. Cependant, rappelons-nous que tout ce que nous savons des années 1760-63 concourt à faire croire que les Canadiens entrèrent dans leur nouvelle vie sans témoigner trop de répugnance et manifestant un certain calme (7).

S'il n’en fut pas ainsi comment expliquer le passage suivant que Burton écrivait en 1762: “Les habitants particulièrement se montrent très satisfaits d’avoir changé de mafîtres. Jouissant du libre exercice de leur religion, ils commencent à comprendre qu’ils ne sont plus des esclaves ?” Ou encore ces mots de Gage: “Anglais et Canadiens vivent en paix et de ce contact naissent des sentiments d’affection réciproque. En général le peuple semble bien disposé a l’égard de ses nouveaux maîtres ?”?

Soixante mille âmes répandues sur leurs terres passaient d’un drapeau à un autre par la force des événements. D’après les idées françaises et de presque toute l'Europe, le peuple appartenait au souverain qui pouvait en disposer à sa guise; done il n’y avait qu'à laisser faire. Mais, par exception, les Canadiens découvraient que, en vertu du changement, ils al-

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