Le mot est exagéré
12. Histoire philosophique et politique des établissements et du commerce des Européens dans les deur Indes. jar l'abbé G.-T. Raynal (Amsterdam, 4 vols), C'est un ouvrage hardi, attaquant la politique des peuples, le clergé, la noblesse, le despodisme de la France et l’inquisition; aussi, la seconde édition (1780) fut-elle condamnée par le parlement, en 1781, et brûlée par la main du bourreau. Raynal fut arrêté et ses biens confisqués: il réussit à s’expatrier ei ne rentra en France qu'en 1787. Elève des Jésuites, Raynal ave t été ordonné rrêtre en 1747; ayant renoncé à l'exercice du ninistère, il devint peu après rédacteur du Mercure de France. Auteur de nombreux ouvrages, il mourut à Paris, en 1796.
XOLE DE 1760-63, “nombreux habitants” sont restés chez eux, ce qui est vrai. Mais il fait émigrer toute la noble e! Grave erreur, On a vu plus haut ce qui en est de cette te de la question.
On a fait remonter au baron Masère le dénigrement de la noblesse canadienne restée au Canada; donc, aussitôt après Ja cession du pays puisque Masère y vint le premier en qualité de légiste. “Le but de Masère était de traiter les Canadiens en conquérant,” écrit le juge Baby. “Il ne prétendait les laisser jouir d’aucun des privilèges, d'aucune des immunités que l’Angleterre accorde à ses sujets. Ces sentiments funestes étaient partagés Par un assez grand nombre de personnes en Angleterre, mais nous devons à la vérité de dire que, foré heureusement, les grands hommes d'Etat anglais rcfusèrent sagement de s'engager dans cette voie.”
Le gouverneur Murray disait dans un rapport officiel en
66: “The Canadians, accustomed (13) to an arbitrary and 2 sort of military government, are à frugal, industrious and moral race of men who, from the just and mild treatment they met with from His Majesty’s military officers that ruled the country for four years past They consist of the noblesse who are numerous and who pique themselves much upon the antiquity of their families their ancestors. These noblesse are seigreurs of the whole country, and though not rich, are in a situation in that plentiful part of the world, where money is scarce and luxury still unknown, to support their dignity. The inhabitants, their tenanciers, who pay only an ar ‘ual quit rent of about a dollar per one hundred acres, are at their ease and comfortable. They are shocked
. Sous le régime francais, Ce raport fut adressé aux Lords of Trade and Plantations et publié dans le British Amerivan Register, du 19 février 1803.
at the insults which their noblesse, and the king’s officers, have received — à la Masère — from the English traders and langers, since tue civil government (1764) tcuk place”.
‘à la Masère” n’est pas dans le texte de la dépêche. Elle pointe la cabale dirigée contre les Canadiens
L'expression
par un certain nombre de personnes qui étaien, venues aussi-
tôt après la cession } r faire du commerce et s'emparer des
affaires. Nous avons vu pareille chose au Manitoba, en 18%0. Mu ray déplorait les menées de cette clique. Voici la fin de sa lettre: “I glory in having been accuscd of warmth firmness in protecting the King's Canadian subjects, and of doing the utmost in my power to gain to r\y royal master the affections of that brave, hardy people whose emigration, if ever it should happen, will be an irreparable loss to the empire.”
Vers 1768, Masère demanda à retourner en Angleterre. Le gouverneur Carleton écrivit à ce propos: “Je lui donne un congé de douze moi Il a une grande antipathie pour les Canadiens, avais espéré que le temps et l'expérience auraient jai disparaître ses préjugés, car il aurait été un
homme utile, mais mes espérances ont été déçues.
Il me semb!
e que tout ceci montre quelles sortes de gens étaient nos pères et l’on est loin de voir que la noblesse avait abandonné le Canada (14).