III. — Les cHAINAGES
Des pièces de bois longitudinales (θράνοι) et des pièces transversales (ἔνδεσμοι) formant comme un grillage étaient noyées dans l’épaisseur de ces maçonneries et répartüssaient sur une grande étendue de mur le choc des engins d’attaque. — « Les longrines, nous dit Philon de Byzance” aident aux réparations des brèches. » Et en effet, le texte de l’inscription recommande (1. 75) de leur relier les matériaux des reprises.
Mais le cas 16 plus curieux de chaïnage est celui des piles E qui se dressent le long de la crète intérieure du mur et portent les grosses poutres du toit.
Ces piles, épaisses de un pied seulement sur une de leurs faces, auraient offert une stabilité insuffisante si on les eut laissées isolées les unes des autres. — Deux cours de longrines les entretoisent à deux hauteurs différentes (longrines F et ΕἼ, et établissent entre elles une solidarité parfaite, tout en laissant la galerie de ronde largement ouverte du côté de la place, ce qui permet de l’approvisionner en projectiles sur tous les points où la défense l'exige.
Au reste, ce mode d’entretoisement, non plus que le procédé de
1 Kortif. II, 3.
chaïnage appliqué au corps des murs, n’est pas exclusivemsnt propre à l’art gre : ces méthodes se retrouvent dans toutes les vieilles architectures de l'Orient; et l’architectdre byzantine, qui à bien des égards nest qu’une continuation de l’art grec, les pratique aujourd’hui même.