‹ Etudes épigraphiques sur l'architecture grecqueChapitre 90 sur 147 · SALAIRES · texte numérisé non relu

SALAIRES

Lorsqu'on parcourt les comptes de l’Erechtheion, on est frappé de l’uniformité qui règne dans les chiffres des salaires ἡ. Voici quelques exemples :

Le paiement des ouvriers qui posent les chevrons du comble est réglé à raison de wne drachme par jour (VI, fr. 1, 1. 29);

Celui des scieurs : wne drachme par jour (VI, fr. 1, 1“ col., Ι. 29);

Celui des simples manœuvres (ὑπουργοί) : une drachme par jour tr 1 25 00]. 1. #22 etc.)

Ainsi les ouvriers qui montent ou démontent les treuils, ceux qui abattent les échafaudages ou débitent les voliges sont rétribués sur le même pied que les charpentiers qui posent et ajustent les bois d’un comble.

! Cette uniformité à été signalée pour la première fois par M. Egger : Journal gén. de l'instruction publique, t. XXNIT, n° 101 (Archéologie athénienne).

162 L'ERECHTHEION

— Nous n’essaierons pas d'établir un rapprochement entre ce salaire et ceux qui ressortent pour l’époque romaine du tarif auquel Dioclétien soumit les ouvriers de l'Orient’: la différence des deux civilisations rendrait la comparaison illusoire. Mais nous trouvons dans une inscription à peu près contemporaine de la nôtre un utile complément d’information : les comptes du temple de Pluton à Eleusis” nous apprennent que la nourriture d’un esclave coûtait par jour une demi-drachme. On voit done que la journée de manœuvre représente /e double de la dépense d’aliments qui suffit à soutenir la plus modeste existence : c’est un terme d’appréciation auquel nous pouvons comparer les prix des principaux ouvrages dont le texte nous donne l'évaluation en drachmes.

Page 1