‹ Etudes esthetiquesChapitre 154 sur 174 · Maximes, chap. III · texte numérisé non relu

Maximes, chap. III

2, Idem, chap. IV, .

l'art et la morale

depuis que, excellent humaniste, il patronnait la collection des Classiques du Dauphin^ car la condamnation portée contre les œuvres dramatiques doit s'étendre beaucoup plus. Qu'on relise sa lettre à Innocent XI sur V Instruction de Monseigneur le Dauphin et qu'on la compare au Traité de la concupiscence et aux Maximes : le contraste est frappant. « Entre les poètes, dit Bossuet, ceux qui ont plu davantage à Monseigneur le Dauphin sont "Virgile et Térence... On ne peut dire combien il s'est diverti agréablement et utilement dans Térence, et combien de vives images de la vie humaine lui ont passé devant les yeux en le lisant. Il a vu les trompeuses amorces de la volupté et des femmes; les aveugles emportements d'une jeunesse que la flatterie et les intrigues d'un valet ont engagée dans un pas difficile et glissant ; qui ne sait que devenir, que l'amour tourmente, qui ne sort de peine que par une espèce de miracle, et qui ne trouve le repos qu'en retournant à son devoir. Là le Prince remarquait les mœurs et le caractère de chaque âge et de chaque passion exprimé par cet admirable ouvrier, avec tous les traits convenables à chaque personnage, des sentiments naturels, et enfin avec cette grâce et cette bienséance que demandent ces sortes d'ouvrages. Nous ne pardonnions pourtant rien à ce poète si divertissant, et nous reprenions les endroits où il a écrit trop licencieusement ». Ouvrons maintenant les Maximes : « Térence qui, à l'exemple de Ménandre, s'est modéré sur le ridicule, n'en est pas plus chaste pour cela, et aura toujours une peine extrême à séparer le plaisant d'avec l'illicite et le licencieux » (chap. XXXV). On voit ce que sont devenus les éloges et les réserves d'autrefois : une atténuation dans le blâme et une flétrissure catégorique.

Quant à Virgile, et Homère aussi du reste, voyez ce qu'en dit le Traité de la concupiscence : « 0 vérité, ô justice, ô sagesse éternelle... vous les avez récompensés et punis tout ensemble : vous les avez repus de

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