‹ Etudes esthetiquesChapitre 25 sur 174 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

sans doute l'échelle proportionnelle des valeurs ne saurait s'y trouver entière, et il en résulte la confusion des ombres dans un noir uniforme et parfois celle des clairs dans un blanc également dépourvu de nuances, mais les valeurs intermédiaires qui sont distinguées les unes des autres le sont avec outrance. Un esthéticien de haute valeur, Alfred Tonnellé, qui, mort en 1858^ n'a pu connaître la loi de Fechner et était imbu du dogme de la réduction proportionnelle des valeurs, s'est ingénié à montrer comment la photographie est impuissante à réaliser cette réduction : s'il a noté à juste titre la confusion des ombres et des pleines lumières^ ce qu'il dit des valeurs moyennes parait singulièrement erroné et montre la puissance des formules mathématiques sur ceux qui semblent devoir y être le moins sensibles La réduction proportionnelle constitue précisément une traduction simple, la plus accessible aux procédés physico-chimiques ; la loi de Fechner, plus complexe, s'adapte mieux aux réalités psychologiques, sans parvenir encore à en rendre toute la complexité.

Les observations de Jamin sont donc incomplètes, car il ne suffisait pas de comparer séparément les rapports entre les intensités lumineuses des objets représentés et les intensités de la représentation, mais il aurait fallu nous donner les rapports entre les intensités des parties correspondantes dans la nature et sur le tableau, celui-ci étant, bien entendu, soumis à un bon éclairage normal ; et même, pour rendre les calculs possibles, il eût été nécessaire de rapporter les intensités lumineuses à une unité déterminée.

De ces considérations il résulte d'ailleurs qu'un tableau ne saurait reproduire, pour la sensation, les valeurs relatives des objets que sous un éclairage déterminé, si bien que l'école du plein air ne devrait exposer ses œuvres que sous une lumière aussi vive que celle

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