‹ Etudes esthetiquesChapitre 41 sur 174 · La Philosophie de l'art. Septième partie, I · texte numérisé non relu

La Philosophie de l'art. Septième partie, I

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paraison les Noces de Cerna et même le Repas chez Simon le pharisien, car il y a une grande différence de sujet avec les Disciples cVEmmaûs. Mais ce dernier repas a été peint par Rembrandt et Titien, et le rapprochement s'en fait aisément dans les galeries du Louvre ; d'un côté, l'esprit religieux dans ce qu'il a de plus pur et de plus élevé, de l'autre, l'amour des belles étoffes et des brillants festins : tels sont les deux idéals qui s'affirment de façon supérieure. Chez Rembrandt, rien que le Christ et ses deux disciples, avec un petit valet qui ne voit rien de la scène, mais remplit tranquillement ses fonctions et fait ressortir la simplicité de la révélation aux disciples. Quant au Christ, Taine en a noblement parlé; mais nous aimons encore mieux ce qu'en dit Fromentin : « L'a-t-on jamais imaginé ainsi : pâle, amaigri, assis de face, rompant le pain comme il avait fait le soir de la Cène, dans sa robe de pèlerin, avec ses lèvres noirâtres où le supplice a laissé des traces, ses grands yeux bruns, doux^ largement dilatés et levés vers le ciel, avec son nimbe froid, une sorte de phosphorescence autour de lui qui le met dans une gloire indécise, et ce je ne sais quoi d'un vivant qui respire et qui certainement a passé par la mort ? L'attitude de ce revenant divin, ce geste impossible à décrire, à coup sûr impossible à copier, l'intense ardeur de ce visage, dont le type est exprimé sans traits et dont la physionomie tient au mouvement des lèvres et au regard — ces choses inspirées on ne sait d'où et produites on ne sait comment, tout cela est sans prix. Aucun art ne les rappelle ; personne avant Rembrandt^ personne après lui ne les a dites ».

Si de ce petit tableau « de pauvre apparence, de mise en scène nulle, de couleur terne, de facture discrète », nous passons au tableau vénitien, il y a contraste à tous égards. Non seulement l'échelle de l'œuvre s'est agrandie, mais le nombre des personnages s'est accru démesurément, et il le fallait bien pour faire chatoyer

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