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CHAPITRE TIÏ

dans les œuvres inspirées par Wagner, et il la rapproche particulièrement du lyrisme antique, conformément à une vue de Westphal qu'il suit librement. Cet auteur allemand s'était consacré spécialement à l'étude des classiques^ surtout de Bach, dont les fugues lui avaient seules donné la pleine intelligence de la Rythmique d'Aristoxène K M. Gevaert, l'éminent directeur du Conservatoire de Bruxelles, dit de même et inversement « qu'une intelligence complète de nos grands musiciens classiques n^est pas possible sans une étude soigneuse de la rythmique d'Aristoxène ».

Ainsi, musique et poésie tirant du rythme tout ce qu'il peut donner aboutissent aux mêmes résultats, et c'est là un point capital qu'il convenait de constater^ avant de résumer les bases de la théorie du rythme, telles que les dégage M. Combarieu.

Les éléments du rythme sont au nombre de quatre : le pied, le membre de phrase ou kolon^ la période et la strophe.

Le pied est à quatre ou à trois temps, suivant qu'il comprend deux longues ou une longue et une brève, chaque longue pouvant se dédoubler en deux brèves. Le premier genre comprend le dactijle (une longue suivie de deux brèves), \ anapeste \àiÇ^w^ brèves suivies d'une longue accentuée), le spondée (deux longues) ' et le àd^ç,iy\e procéleusinatigue iqimire brèves). Le genre à trois temps comprend Viambe (une brève suivie d'une longue), le trochée (une longue suivie d'une brève) et le trihrachijs (trois brèves;.

Le membre de phrase ou kolon équivaut au vers en poésie. Les kola se distinguent : par le genre rythmique, c'est-à-dire par le type de pieds à trois ou à quatre

1. Contrairement à ce qu'on pourrait croire en lisant M. Combarieu. l'ouvrage d'Aristoxène de Tarente a pour objet propre^, non la poésie, mais la musique.

2. Si l'accent est sur la seconde des longues, le spondée est anapestique.

L^ART ET LES MATHÉMATIQUES

temps qui les composent; par leur étendue, celle-ci variant non seulement par le nombre des pieds composants, mais par la longueur du pied final qui peut être incomplet ou katalectique ; par leur terminaison, qui est féminine ou masculine^ selon que la césure coïncide avec un temps faible ou un temps fort ; par leur forme initiale, qui a ou n'a pas à'a7iacruse, c'est-à-dire un groupe de notes faibles placées au début d'un kôlon, avant le premier temps fort ; enfin par la place de r accent principal (que le goût, en général, peut seul déterminer).

Le sentiment moderne place toujours une césure ou léger repos, simple respiration ou lever de la main, entre deux kôla, ainsi que le faisait la poésie grecque primitive, et nos éditions musicales prétendent indiquer les kola au moyen du signe appelé legato ; mais, comme les manuscrits de Bach et autres classiques en sont dépourvus, nous n'avons que le jugement des éditeurs, et M. Combarieu est d'accord avec M. Mathis Lussy pour le trouver généralement détestable : il signale particulièrement leur habitude de faire coïncider la fin du legato avec celle de la mesure, alors que cette coïncidence devrait être presque exceptionnelle.

Pour terminer cet examen des kola, mentionnons seulement ce que les Grecs appelaient Yallongement irrationnel, lequel consiste à augmenter la brève d'un trochée de la moitié de sa valeur : c'est un moyen de marquer la fin d'un kôlon, et on le retrouve dans notre point d'orgue. Nous ne saurions songer à entrer dans la nomenclature des divers kola et de leurs combinaisons, tels que les ont employés Bach et les autres classiques.

Selon la définition de Cicéron, la période oratoire est comprise entre deux respirations ; mais, le chant ayant un débit beaucoup moins rapide que le discours, la respiration sépare tous les membres de phrase ou kola, et la période se trouve ainsi divisée. Gomme dans l'art

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