‹ Etudes esthetiquesChapitre 56 sur 174 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

violet est un intermédiaire entre le bleu et le rouge.

Du moment que le spectre ainsi complété correspond à une octave, on y choisit naturellement un nombre de nuancés qui soit une puissance de 2 : M. de Lescluze en prend 128 \ mais il reconnaît le caractère théorique de ce choix, car il déclare que, dans le haut de Téchelle, il est fort difficile de distinguer tous les tons, tandis que, vers le milieu, il est relativement aisé d'en multiplier davantage le nombre, si bien qu'à l'occasion il fait des emprunts à la gamme de 256 ^ couleurs.

En fait, M. de Lescluze déclare avoir constaté, chez tous les maîtres de la peinture, que chacun d'eux n'a recours qu'à une gamme de 32 couleurs ^ ; pour achever de vérifier sa conception théorique, il faudrait s'assurer que ces couleurs répondent à des nombres d'ondulations proportionnels aux entiers consécutifs de 32 à 64. Mais ici on se heurte à une très grave difficulté : comment déterminer le nombre correspondant à une couleur-pigment donnée ? On ne peut mesurer sa longueur d'onde, car elle ne réflécliit pas une radiation simple, mais bien un ensemble de radiations différentes ; va-t-on la comparer aux couleurs spectrales et déterminer ainsi celle qui lui est équivalente ? Ici apparaît une invincible difficulté : le spectre ne se voit bien que dans l'obscurité ; en plein jour, c'est-à-dire dans les conditions où l'on peut bien voiries couleurs-pigments, on ne Taperçoit que dilué ou dessaturé dans une forte mesure, ce qui altère profondément les nuances, ainsi qu'il ressort des expériences de Roodau moyen de disques tournants. Il reste bien une ressource, l'analyse quantitative au moyen du spectroscope, complété par un dispositif photométrique, et le calcul de la radiation équivalant à la synthèse : les difficultés de l'opération sont sans doute grandes, quand on a besoin d'un résultat précis, mais le

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