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CHAPITRE III

d'un tableau où les fautes sont d'autant plus instructives que l'œuvre est de plus haute valeur K

Nous nous bornerons à cet exposé succinct de la théorie de M. l'abbé de Lescluze, renvoyant pour quelques détails tcclmiques à un article que nous avons publié dans la Revue des questions scientifiques de janvier 1901, mais surtout aux diverses publications si suggestives de M. de Lescluze ^ Toutefois, nous voudrions compléter ce que nous avons déjà dit de la façon dont il a éta])li la gamme de 128 nuances. Cinq données ont concouru à cette opération délicate. La première est l'observation du spectre, qui permet d'établir l'ordre des couleurs, mais sans fournir aucune position précise, par suite des modifications que paraissent subir les couleurs par l'effet d'un éclairage plus ou moins vif : par exemple, l'orange et le vert de Fresnel, qui observait le spectre sous un éclairage fort, se placent respectivement entre le jaune verdâtre et le vert-jaune et entre le bleu cyané et Toutremer de Rood, qui opérait sous un éclairage faible.

La deuxième donnée est empruntée à la loi des rapports sioiples, comjne nous Lavons vu précédemment. La troisième est fournie par la règle du levier de Newton, qui détermine la nuance résultant du mélange de deux couleurs-pigments : elle ne peut donc être utilisée que lorsqu'on a déjà attribué leurs positions aux deux couleurs mélangées.

\. Sous toutes réserves, nous ajouterons que, ayant remarqué la confusion de la perspective de Y Enlèvement des Sabines de Poussin, au Louvre, nous en avons tenté l'analyse et sommes arrivé ainsi à constater plusieurs van Orleyismes.

2. Elles comprennent principalement une série de l^rochures sur Les Secrets du coloris. Celles d'entre elles que nous avons entre les mains ont été publiées : en 1885, à Bruges, chez Iloudmont ; en 1893, à Wytschaete, chez Hilaire Fournier ; en 1898, à Roulers, chez Jules de Meester; en l9( 0, chez le môme éditeur (Roulers et Bruxelles). Ajoutons que l'édition de 1898, moins complète que celle de 1900, présente une exposition beaucoup plus satisfaisante dans la forme.

L^ART ET LES MATHÉMATIQUES

La quatrième donnée résulte de ce que les couleurs sont assorties par tonalités dans les grandes écoles de peinture et dans les familles botaniques. Dès lors, si l'on a, par exemple, attribué le nombre 160 à Forange de la gamme espagnole, son vert, son violet et son vermillon, accordés avec lui, devront recevoir les nombres 200, 240 et 140.

Enfin la cinquièuie donnée est due aux conjonctions : du moment qu'une même couleur se trouve dans les œuvres de plusieurs écoles, le nombre correspondant doit être un multiple commun de ceux des nombres 5, 7, 9, 13 et 21 qui sont à la base des gammes de ces écoles.

La théorie de M. l'abbé de Lescluze apparaît singulièrement modeste quand on la rapproche de celle de M. Charles Henry ^ : celui-ci, en effet, ne s'est proposé rien moins que de découvrir un principe universel régissant le caractère esthétique des excitants de toute nature. 11 semble bien qu'il a fait à ce sujet une remarque pouvant être qualifiée de géniale : c'est que tous les excitants, à quelque sens qu'ils s'adressent, provoquent des réactions motrices, en sorte que celles-ci peuvent servir à la réduction de toutes les lois spéciales à Tunité. '

D'autre part, l'expérience établit que les excitations agréables sont dynamogéniques, tandis que les excitations désagréables sont inhibitoires \ Donc toute exci-

1. Citons les principaux écrits où se trouvent exposés ses travaux. Les deux plus importants sont : Cercle chromatique, 1 vol. grand in-folio, chez Verdin, 1889, et Rapporteur esthétique, 4 vol. petit in-folio, chez Séguin, 1889. M. Ch. Henry a en outre fait de nombreuses comnaunications à l'Académie des sciences et donné de nombreux articles de revues souvent publiés à part : citons Le contraste, le rythme, la mesure (Revue philosophique, oct. 1889) ; La lumière, la couleur et la forme (Revue scientifique, 20 sept. 1890) ; Quelques aperçus sur V esthétique des formes (Revue blanche, l89o) ; Harmo7iies de formes et de couleurs (conférence à la Bibliohèque Forney, chez Hermann, 1891).

2. On pourrait contester cette assertion. Ainsi, au Congrès dQ

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