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CHAPITRE îli

tation provoquant comme réaction un mouvement d'arrêt sera pénible, tandis que tout mouvement continu sera le résultat d'une excitation agréable.

Sur cette remarque, M. Ch. Henry a échafaudé une théorie extrêmement ingénieuse et subtile, mais dont nous serions fort embarrassé de fournir une justification convaincante. Considérant les quatre membres (ou appendices), il remarque qu'ils ne sont aptes qu'à décrire des cycles, en sorte que la mécanique de l'être vivant ne dépasse pas la portée du compas; elle ne peut dès lors diviser la circonférence qu'en un nombre de parties égales qui soit de l'une des formes 2»^ , 2'^ H- 1 premier, ou 2" multiplié par un ou plusieurs nombres premiers de la forme 2'^ -]- 1 \ Nous avouons ne voir en ce principe qu'un postulat de la théorie, car l'être vivant est absolument incapable d'effectuer avec ses membres les constructions fort compliquées qui permettent d'opérer cette division avec le compas; par conséquent, prétendre que nous apprécions inconsciemment cette possibilité théorique et en jouissons parait constituer une assertion singulièrement aventurée.

psychologie de 1900, M. Oskar Vogt, de Berlin, résumant ses expériences, a constaté que, si l'agréable produit une petite augmentation du travail musculaire, le désagréable en provoque une grande (Compte-rendu, p. 406). D'autre part, M. Féré a reconnu que « toutes les excitations, qu'elles soient agréables ou pénibles, provoquent, à un certain moment, une augmentation du travail volontaire ». Toutefois, le détail des expériences fait ressortir une action déprimante des excitants désagréables, le phénomène de dynamogénie se manifestant après la suppression de l'excitation (septième ^t/i/iée j^sychologique, p. 82-129).

1, Pour faciliter les vérifications sommaires qu'on pourrait désirer essayer, nous indiquerons les premiers nombres rvthmiques : 2, 3, 4, 5, 6, 8, 10, 12, 15, 16, 17, 20. 24, 30, 32, 34, 40, 48, 51, 60, 64, 68, 80, 83, 96, 102, 120, 128, 136, 160, 170, 192, 204, 255, 256,257, 272, 320, 340, 384, 408, 480, 510, 512, 514, 544, 640,680,768, 771, 816, 960, 1020, 1024, 1028, 1088, 1280. On remarquera que cette théorie des nombres rythmiques n'est que la généralisation de l'application faite précédemment à la musique par le comte Camille Durutte à la suite de Hoené Wronski.

l'art et les mathématiques

De prime abord, nous avions été choqué de ce que M. Ch. Henry parle toujours de nos membres et jamais de nos yeux, qui servent tout particulièrement à l'appréciation des formes; mais une remarque de M. Souriau, dirigée justement par lui contre les idées de cet auteur, nous a paru de nature à atténuer notre objection : dans son Esthétique du mouvement, M. Souriau note que^ pour juger de la forme d'une ligne, nous ne la parcourons pas des yeux, car Timage se brouillerait sous notre regard, d'où Ton doit conclure que ce n'est pas par le mouvement de l'œil décrivant une figure que nous apprécions celle-ci, mais par autre chose qui pourrait bien être le mouvement virtuel de nos membres capable de tracer cette figure.

Voyons d'abord ce que dit M. Charles Henry des sensations sonores. Il tire de sa théorie une explication curieuse de Texistence d'une double gamme, l'une mélodique et l'autre harmonique, fait établi, comme nous Tavons vu, par les expériences de MM. Cornu et Mercadier. En principe, un changement réalisé simultanément parait moindre que s'il est réalisé successivement, tandis que, dans les gammes de Pythagore et de Ptolémée, les différences entre les divers intervalles ne sont pas toujours dans le même sens; mais M. Ch. Henry sait trouver des explications fort ingénieuses de ces anomalies (I 49). Faute sans doute d'avoir suffisamment pénétré les détails de sa théorie, nous sommes souvent effrayé de la subtilité avec laquelle il sait tout expliquer. En l'espèce, nous nous demandons si une explication toute simple du fait en question, telle que celle indiquée p. 99, ne serait pas plus satisfaisante.

Quoi qu'il en soit, voici textuellement reproduit le passage où M. Ch. Henry établit la manière d'évaluer l'intervaHe de deux sons, évaluation qui sert de base à l'analyse rythmique des sons : « Subjectivement, l'intervalle de deux sons étant le nombre de circonférences continues par lesquelles l'être vivant représente le rap-

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