CHAPITRE IV
du larynx. Pour s'en rendre compte, rien n'est plus utile que l'étude du livre de Stricker sur le Langage et la musique. Assurément, le professeur viennois ne saurait être donné comme répondant à une moyenne, étant au contraire un exemple caractéristique du type moteur^ qui ramène toutes les représentations à des phénomènes d'innervation motrice ; mais, comme le type purement auditif n'existe pas, on peut dire que ce livre met en évidence des phénomènes très généraux, en les grossissant seulement. On sait que Stricker ne pouvait se souvenir des sons qu'au moyen des sentiments d'innervation du larynx, et il donne des citations de Stumpf, qui figure au nombre de ses contradicteurs, où l'importance de ces sentiments est formellement reconnue ^ Chacun peut du reste faire à ce sujet des observations curieuses.
Stricker ne traite pas explicitement la question de savoir si l'audition d'un morceau de musique est accompagnée de phénomènes d'innervation du larynx ; mais il traite avec développement la question analogue concernant l'audition d'un discours (p. 72-77). A l'égard de la musique, nous sommes fort porté à croire à des phénomènes d'innervation motrice assez généraux. A la vérité, l'observation ne laisse pas d'être fort délicate, car, dès que l'attention se fixe sur la question^ elle a pour effet de modifier le phénomène dans un sens ou dans l'autre. Il faut donc s'abandonner tout entier à l'audition, et il faut aussi que l'attention s'éveille tout à coup pour surprendre le phénomène en quelque sorte à la dérobée. Nous croyons avoir ainsi surpris des phénomènes d'innervation spontanés, et il semble que^ même au point de vue de l'audition pure de la musique, ce soit une condition favorable si, comme Fa remarqué Stumpf, on fixe la hauteur d'un son incertain en recourant au chant intérieur.