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On sait qu'un nègre noyé blanchit

2. Précis des travaux de V Académie de Rouen pendant Vannée 1881-82.

INTRODUCTION

chose de la figure humaine. Pour savoir s'il y a vraiment des singes laids, il faudrait pouvoir consulter un singe, car la beauté que nous demandons inconsciemment à la forme du singe et qu'assurément nous n'y trouvons pas, c'est une beauté humaine ; aussi, quand nous disons qu'un singe est laid, c'est comme si nous disions qu'il le serait s'il était homme, ce qui est incontestable. Nous devrions admettre que la représentation esthétique quinous déplait chez certains animaux n^est pas leur représentation réelle, mais une expression illusoire du type humain, expression naturellement monstrueuse et choquante. Mais quand un animal est si éloigné du type humain qu'il ne peut soutenir aucune comparaison avec ce type, nous ne songeons plus à le dire laid, ou si nous le jugeons tel, c'est par des sensations désagréables étrangères à sa physionomie, c'est parce qu'il blesse nos sens et non pas qu'il blesse notre goût esthétique ))\ , Cette dernière assertion est peut-être exagérée, car^ dans la laideur du porc, entre certainement, surtout lorsqu'il est gras^ la disproportion entre la force apparente et réelle de ses pattes et la masse de son corps : cette disproportion entraine une incapacité fonctionnelle qui constitue un défaut réel au point de vue des exigences de la vie normale, mais défaut, il est vrai^ qui pourra constituer une beauté aux yeux de l'éleveur. M. Sully Prudhomme est d'ailleurs bien, au fond, de notre avis, car il déclare que la beauté du cheval et de l'oiseau résulte d'un rapport entre leur activité interne et leur forme d'où résulte un caractère de souplesse et d'élégance répondant à une représentation réelle. Cela ne l'empêche pas, du reste, de faire ressortir ironiquement l'influence de la taille sur nos impressions : ce n'est souvent que pour une question d'échelle que nous écrasons sans pitié un animal ou que nous fondons une société protectrice en sa faveur !

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