Voir son livre La Vision, Etude physiologique
CHAPITRÉ
vite. D'autre part, dans la fovea, petite fosse existant au milieu de la tache jaune et servant à la vision centrale, la perception des couleurs est à peu près nulle, tandis que la sensibilité visuelle y est à son maximum. Si l'on remarque que la sensibilité lumineuse y est aussi faible que la sensibilité chromatique, on arrive à cette conclusion que la sensibilité chromatique n'existe que là où s'exercent en même temps et la sensibilité lumineuse et la sensibilité visuelle, et qu'en outre elle subit sur l'étendue delà rétine des variations correspondant assez bien à la moyenne de celles de ces deux fonctions.
On est ainsi amené à admettre que la sensation de couleur est due au concours des élémentsphotesthésiques et des éléments visuels, et cette conclusion sert de point de départ à la théorie du D'' Charpentier.
Si l'on cherche quelle peut être la nature des deux actions fondamentales, on est amené à considérer celle qui s'exerce la première, l'action photesthésique, comme étant chimique et s'exerçant sur l'érythropsine ou pourpre rétinien ^ La seconde action, ou action visuelle, est approximativement proportionnelle à l'énergie absolue de la lumière, énergie qui a été déterminée par Langley dans les ditférentes régions du spectre ; de cette proportionnalité on peut conclure que, dans la fonction visuelle, la lumière agit par elle-même, étant sans doute absorbée intégralement par une substance qui pourrait être le pigment de la membrane de Jacob, pigment qui entoure les cônes et les bâtonnets et les sépare les uns des autres. Cette absorption de la lumière échaufferait le pigment et par suite les éléments visuels, en mêoie temps qu'il peut se produire des courants thermo-électriques.
Quoi qu'il en soit, des vibrations d'une nature indéterminée doivent se produire dans les éléments nerveux, et ces vibrations doivent être semblables comme forme
4. On sait que le développement du pourpre dans l'obscurité augmente beaucoup la sensibilité achromatique.
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et comme longueur d'onde, quels que soient les rayons excitateurs, puisque c'est le pigment qui produit directement l'excitation : les éléments visuels ne sauraient donc, par eux-mêmes^ provoquer la sensation de couleur.
Il est aisé de produire isolément la sensation photesthésique, au moyen d'un rayon spectral quelconque trop faible pour agir sur l'élément visuel, et l'on voit qu'on obtient ainsi une sensation blanc bleuâtre qui est la même pour toutes les couleurs. La sensation visuelle peut être isolée à son tour, en fatiguant Fœil par une lumière blanche assez intense pour abaisser la sensibilité de l'élément photesthésique au-dessous de celle de l'élément visuel : alors le rouge lui-même ne paraît pas coloré. C'est pour la même raison qu'à de très hautes intensités toutes les couleurs donnent la sensation du blanc. Ainsi se trouvent vérifiées les conjectures précédentes.
Gela posé^ l'action calorifique et l'action chimique de la lumière donnent toutes deux naissance à des ondulations dans les éléments nerveux, et il est probable que leurs longueurs d'onde diffèrent; mais on doit admettre que ces longueurs sont dans un rapport simple, puisqu'il doit en résulter une vibration complexe identique à elle-même, pour produire une sensation colorée déterminée.
Ceci admis, si l'on se rappelle que l'amplitude relative des deux ordres de vibrations varie entre les diverses couleurs et que, pour une amplitude donnée de l'ondulation visuelle, l'amplitude de l'ondulation photochimique augmente rapidement du rouge au violet, on reconnaîtra que la forme de l'ondulation doit varier de même * avec le rapport de ces deux amplitudes, c'est-à-dire avec la couleur.
D'autre part, M. Charpentier a démontré l'existence d'un teîyips perdu dans l'action de la lumière sur l'appareil de la sensibilité lumineuse, temps perdu qui aug-