CHAPITRE V
mente du rouge au violet, tandis que le temps perdu relatif à la sensibilité visuelle ne varie pas avec la couleur. De ce double fait résulte une double cause de variation dans la forme de l'ondulation résultante, puisque le début de l'ondulation d'origine photochimique coïncide avec des phases différentes de l'ondulation d'origine pigmentaire.
S'appuyant sur cette double différence de phase et d'amplitude relative, et faisant d'ailleurs des hypothèses arbitraires sur les longueurs relatives des deux ondes, ainsi que sur les deux éléments variant avec les couleurs, le D'' Charpentier arrive à construire des courbes qui expliquent parfaitement les lois du mélange des couleurs, notamment des couleurs complémentaires \
Cet exposé est un peu long, mais il nous a paru intéressant, pour ceux de nos lecteurs qui ignorent les travaux du D^' Charpentier, de voir comment on peut être amené à attribuer aux couleurs une cause physiologique en rapport avec leur assimilation esthétique aux timbres musicaux. Nous ajouterons que M. Maurice Griveau a développé de la façon la plus intéressante cette assimilation, en l'appuyant constamment sur les conceptions théoriques du professeur de l'Université de Nancy ^. La discussion de ses développements, toujours ingénieux, nous entraînerait trop loin.
(( La couleur, dit Topffer, a, dans les objets, une valeur indépendante de sa teinte comme couleur ; c'est cette valeur qui, bien reproduite dans le lavis à l'encre de Chine, fait dire aux peintres : il y a là de la couleur » \ En d'autres termes, l'œil établit entre deux tons de colorations quelconques une comparaison portant sur leur intensité lumineuse relative. Cette comparaison
1. Dans la Revue générale des sciences du 15 juillet 1898, M. Charpentier mentionne de nombreuses études sur les vibrations rétiniennes, confirmatives de ses hypothèses antérieures.