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CHAPITRE V

et l'échelle des sons qui constitue la gamme en musique. Aussi je ne saurais faire mieux comprendre ce que je viens de dire sur deux copies différentes, et cependant égales en ressemblance et en mérite, que par l'exemple d'un chant musical qui, exécuté plus haut ou plus bas dans la gamme^ constitue le même chant, quoique chaque son dont il se compose ne soit semblable dans les deux cas que par l'identité de relation avec les sons auxquels on l'associe, et non par le son qui lui correspond dans une autre octave ^ ».

Dans son livre sur la Musique des couleurs, M. Favre a tiré parti de cette affinité entre les valeurs et les hauteurs des sons, mais d'une façon quelque peu incohérente, selon nous. Voulant en effet faire une gamme de la série des couleurs spectrales et remarquant que cette gamme ne sort pas d'une octave, il a prétendu superposer une série de gammes ascendantes en reprenant la même série de couleurs, mais en leur donnant plus de clarté dans la gamme supérieure et en les faisant plus sombres dans la gamme inférieure (p. 36). Nous ne saurions accepter cette confusion de deux ordres de caractères hétérogènes dans la construction des gammes ; mais on retrouve ici encore le sentiment de l'affinité signalée.

M. Sully Prudhomme a formulé une comparaison cohérente et qui;, à bien des égards, concorde avec celle que nous soutenons. « Un son dont le timbre et l'intensité restent constants, dit-il, est susceptible d'une variation de hauteur. De même, une couleur déterminée, sous un éclairage constant, est susceptible d'une variation de vivacité ; on conçoit, en effet, une gradation continue depuis le rose le plus tendre qui confine au blanc^ jusqu'au maximum de concentration pour le vermillon tiré d'un même pain d'aquarelle, mais de moins en moins étendu d'eau.

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