‹ Etudes et appreciations. -- (volume 4)Chapitre 105 sur 173 · Meyer, Inst.jur. natur., p. n, p · texte numérisé non relu

Meyer, Inst.jur. natur., p. n, p

3 Pourquoi faut-il que les puissances acclamées comme les champions du droit, de la liberté, et de la civilisation, soient celleslà même qui se sont entendues pour priver la plus haute puissance civilisatrice, du droit et de la liberté de plaider la cause de la justice dans les conseils de la paix ?

et si la main du Chef sur qui plane l’esprit de Dieu, ne serait pas parvenue à détourner le coup, à prévenir le déclanchement qui a jeté les unes contre les autres, et tenu en lutte, pendant quatre longues années, les nations militarisées ?

Ce qui est sûr, c’est que les catholiques de tous les pays ont, à ce sujet, un grave devoir à remplir : celui de réclamer, par toutes les voix de la presse et par toutes les influences légitimes, la réintégration du Pape dans son rôle naturel d’arbitre du droit des gens et des conflits internationaux. Plusieurs maîtres de philosophie sociale se dévouent noblement à cette œuvre de salut public h Des publicistes renommés y consacrent toute leur foi et tout leur talent1 2. Des journaux catholiques, trop rares, il est vrai, plaident avec courage une si juste cause. D’éminentissimes personnages n’hésitent pas à poser devant leurs contemporains cette thèse capitale de la participation du chef de l’Eglise dans les congrès et dans les projets destinés à établir la paix du monde sur des bases solides et durables.

Nos lecteurs pnt encore toute fraîche à la mé-

1. Voir les belles pages du P. Ives de la Brière, La. Soc. des nat., ch. ix ; le P. Meyer, ouv. cit., pp. 834-35 ; le Catholic World, avril 1919, etc., etc.

2. Voir H. Bourassa, Le Pape arbitre de la paix (1918), et les adhésions épiscopales et même cardinalices que cet ouvrage a recueillies, et où l’action médiatrice du Pape est glorifiée.

l’union internationale

moire la lettre d’une très haute inspiration que notre vénérable archevêque, le cardinal L.-N. Bégin, adressait, deux mois avant la fin de la guerre, à Sa Sainteté Benoît XV, à l’occasion de la mise en liberté de M. le Dr Béland. Après avoir apprécié très justement les interventions bienfaisantes du Saint-Père, et ses efforts de médiation, au cours des hostilités, Son Eminence ajoutait :

Les chefs de peuples et leurs conseillers s’honoreraient devant Dieu, devant l’histoire et devant leurs propres administrés si, dans l’immense conflit où 1 univers presque tout entier a été plongé, ils recouraient a 1 arbitrage de Votre Sainteté, ou si du moins ils lui taisaient une place dans leurs conseils, et s’ils prenaient pour bases de leurs prochaines délibérations, les principes souverains que Vous avez posés, les pensees ma tresses que Vous avez exprimées, les conditions que Vous jugez essentielles et fondamentales dans rétablissement d’une paix juste, sincère et durable1 2.

Les principes souverains posés par le Pape peuvent se traduire en ces trois formules principales : — L’intérêt général de la société humaine l’emporte sur l’intérêt particuliei des nations ~ ,

les exigences du droit établi par Dieti et la loi

morale priment la puissance du nomore et la

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