Le Devoir, 16 oct
Envisageant la question au double point de vue catholique et français, l’éminentissime archevêque de Lyon, le cardinal Maurin, rappelait récemment les raisons historiques qui font voir qu’une place hors pair est due à la France dans le Levant. Il affirmait que les glorieux faits d’armes des soldaits arglais ont bien pu “ abolir les droits des Turcs, mais non porter atteinte aux droits de la France ; ” puis il formulait cette déclaration hère et nette :
Evêque de France, cardinal-archevêque de Lyon, chef religieux d’une cité qui, entre toutes les villes de France, s’est fait remarquer par son zèle pour la propagation de la foi, non moins que par son goût pour les expéditions lointaines, j’estime de mon devoir d’élever la voix en faveur des revendications françaises dans la France du Levant, des revendications catholiques dans la Terre Sainte1.
D’autres distingués personnages se préoccupent des agissements judéo-maçonniques dans cette partie du monde si chère aux cœurs chrétiens. De tous les pays où ils sont épars, les Juifs, plus
1. La Croix de Paris, 7 nov. 1918. — Toutefois, en face de la rupture de la France officielle avec le Vatican, M. Denys Cochin ne pouvait s’empêcher, il y a quelques années, de faire cette mélancolique réflexion : “ L’exercice du Protectorat exige de
fréquentes conversations destinées à arranger d’innombrables affaires : comment peut-on penser que nous resterons les protecteurs des catholiques sans connaître même l’existence du Pape ? C’est une espérance déraisonnable.” ( Questions actuelles, t lxxxviii, p. 215.)
l’union internationale
que jamais, ont les yeux tournés vers Sion. L’influence juive n’est pas médiocre. Ne parle-t-on pas du projet d’une république israélite qui se substituerait, sur le sol palestinien, au régime turc ? Cette perspective a provoqué de la part de l’hon. M. Chapais, les justes remarques suivantes :
On aurait quelque part lancé 1 idée de constituer la Palestine en Etat juif. Faudrait-il entendre par là que Jérusalem, la Ville Sainte, serait placée sous une souveraineté judaïque ? Les hommes d’Etat et les diplomates chrétiens qui seront l’immense majorité au Congrès, écarteront, nous en avons l’espoir, 1 insupportable anomalie de confier le tombeau du Christ au peuple qui l’a crucifié1.
Il convient que sur la terre où Jésus-Christ est né et où il est mort, ses vrais disciples jouissent du droit de l’honorer et de le servir en toute liberté.
Il convient davantage encore, il est juste et il est nécessaire que dans la ville où le Sauveur des hommes a établi le gardien suprême de sa doctrine et le chef souverain de son Eglise, celui-ci puisse remplir sa mission auguste dans une indépendance parfaite et au-dessus de tout soupçon.
Depuis le jour où la Révolution deioba au Pap^.. ses Etats, cet acte criminel n’a cessé de se projeter,