‹ Etudes et appreciations. -- (volume 4)Chapitre 30 sur 173 · Encycl. Diuturnum · texte numérisé non relu

Encycl. Diuturnum

En politique, écrit-il, le Sillon n’abolit pas l’autorité ; il l’estime, au contraire, nécessaire ; mais il veut la partager, ou, pour mieux dire, la multiplier de telle façon que chaque citoyen deviendra une sorte de roi. L’autorité, il est vrai, émane de Dieu, mais elle réside primordialement dans le peuple et s’en dégage par voie d’élection ou, mieux encore, de sélection, sans pour cela quitter le peuple et devenir indépendante de lui1.

C’est donc (comme le pensent encore, de bonne foi sans doute, grand nombre de catholiques) la souveraineté donnée par Dieu au peuple, et dont le peuple ne se dessaisit jamais. Ecoutons maintenant le jugement du Pape :

Le Sillon place primordialement l’autorité publique dans le peuple, de qui elle dérive ensuite aux gouvernants, de telle façon cependant qu’elle continue à résider en lui. Or, Léon XIII a formellement condamné cette doctrine. . . Par son choix, le peuple ne délègue pas le pouvoir, il désigne la personne qui en sera investie. Il est anormal que la délégation monte de bas en haut, puisqu’il est de sa nature de descendre. . . Au reste, si le peuple demeure le détenteur du pouvoir, que devient l’autorité ? Une ombre, un mythe ; il n’y a plus de loi proprement dite, il n’y a plus d’obéissance2.

Non, la souveraineté populaire ne peut être

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