Ibid. — Cf. Sont, théol., i-ii, q. xlii, art. 2 ad
3. “ Il n’existe qu’une seule raison valable de refuser l’obéissance : c’est le cas d’un précepte manifestement contraire au droit naturel ou divin ; car là où il s’agirait d’enfreindre soit
Or, il y a deux sortes de lois injustes. Les unes le sont par opposition à un bien divin et aux lois de la conscience ; et celles-là, il n’est jamais permis de les observer. Les autres sont injustes par opposition à un bien d’ordre humain ; et ces lois, sans être obligatoires en soi, le peuvent cependant devenir par la nécessité d’éviter le scandale ou des désordres pires que le mal qu’on veut supprimer1.
La résistance passive, justement autorisée, peut se déployer en une série d’actes : procédures légales tendant à faire reviser une législation persécutrice ; association des intéressés, et organisation de leurs forces en moyen nécessaire de défense contre les injustices criantes du pouvoir. “ Dans ce cas, dit Zigliara2, il n’y a pas résistance à l’autorité, mais à la violence ; non pas au droit, mais à l’abus du droit ; non pas au prince, mais à l’injuste agresseur dans l’acte même de son agression. ” L’illustre cardinal et plusieurs autres philosophes catholiques, vont jusqu’à permettre, dans des circonstances d’exceptionnelle gravité, une résistance armée. Voici le raisonnement du Père Meyer3 :
la loi naturelle, soit la volonté de Dieu, le commandement et l’exécution seraient également criminels ” (Léon XIII, encycl. Diuturnum.)
1. Saint Thomas, Sorti, théol., i-ii, q. xcvi, art. 4 ; — cf. ii-ii, q. civ, art. 3 ad 3.