Ibid., p
PHILOSOPHIE ET RELIGION
quemment leurs maîtres ; et ceux-ci, pour mieux assurer les titres et la fixité de leur possession, sollicitaient en leur faveur, comme ils l’avaient fait l’année précédente1, l’intervention de l’Etat.
Le premier recensement, dit Garneau2, où l’on ait compte les esclaves, est celui de 1784. Le nombre des noirs des deux sexes était alors de trois cent quatre, dont deux cent douze dans le district de Montréal, quatre dans celui des Trois-Rivières, et quatre-vingthuit dans le district de Québec.
Il y en avait, en outre, dans les provinces maritimes3, et surtout dans le Haut-Canada4.
Ces chiffres et ces données, sans remettre sous nos yeux le sombre tableau des sociétés anciennes, évoquent tout naturellement la question de la
1. Ibid., pp. 31-33. “ Sur la foi du gouvernement de Sa Majesté solennellement garantie par les lois, les habitants de cette province en général, et les habitants, de la cité et district de Montréal en particulier, ont acheté à grands prix un nombre considérable d’esclaves panis et nègres ; et diverses personnes ci-devant sujets des Etats-Unis de l’Amérique, ont, sur la foi du statut de la 30e Geo. III, c. 27, importé dans cette province suivant la loi, un nombre d’esclaves nègres, leur appartenants ; lesquels esclaves panis et nègres se sont toujours comportés d’une manière convenable, jusqu’à dernièrement qu’ils sont devenus réfractaires par un esprit de désobéissance dont ils se sont imbus, sous prétexte qu’il n’existe point d’esclavage dans ce pays ” ( Mém . cit., p. 31).