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PHILOSOPHIE ET RELIGION
Nous n’avons jamais vendu ni nègres ni panis aux enchères publiques. De plus, nous n’avons jamais employé nos esclaves aux travaux des bêtes de somme : ils étaient simplement des domestiques formant partie de la famille de leur maître.
Contenu en ces limites, et considéré à la lumière des seuls principes du droit, l’esclavage, abstraction faite des ruses et des injustices qui ont pu en marquer l’origine, n’est pas absolument contraire à la loi naturelle. Si des services obligés d’une semaine, d’un mois, d’une année, n’ont rien en soi qui répugne, pourquoi répugnerait-il, dans de suffisantes conditions d’ordre moral, de logement et d’alimentation, d’être astreint aux mêmes services pendant toute sa vie1 ?
Ajoutons, cependant, que ce lien de servitude habituelle et permanente ne saurait créer l’état qui convienne le mieux à des êtres doués de raison. L’une des fonctions d’un si noble privilège n’estelle point la libre disposition de soi ? Il est si rare, au reste, que l’esclavage ne soit pas entaché d’excès, ou dans les sources qui l’alimentent, ou dans les circonstances qui l’entourent. Voilà pourquoi, selon la juste remarque de Léon XIII2, “ le zèle de l’Eglise à revendiquer la liberté poulies esclaves ne s’est jamais ralenti
1. Lortie, Elementa philosophiez christianœ, t. m, pp. 303-304.