‹ Etudes et appreciations. -- (volume 5)Chapitre 104 sur 137 · Lettre du 20 novembre · texte numérisé non relu

Lettre du 20 novembre

MELANGES CANADIENS

Vers le milieu du dix-huitième siècle, sous la poussée de l’instinct chrétien mis généreusement en éveil, un mouvement contre la traite des noirs et les horreurs de l’esclavage, réapparu dans le Nouveau-Monde, et même dans l’Ancien, ébranla les esprits. .

Dès que, écrit un publiciste1, les communications entre l’Europe et l’Amérique furent devenues plus faciles, le spectacle de la déplorable condition à laquelle était condamnée une classe de gens qui, s’ils différaient par la couleur, étaient cependant des hommes comme nous, excita dans la conscience des peuples civilisés une telle indignation, que de tous côtés s’éleva un cri immense de réprobation contre ce honteux marché de chair humaine.

L’Eglise, comme toujours, était à la tête de cette croisade. A peine monté sur le trône de Saint-Pierre, Benoît XIV avait publié, à l’occasion des cruautés commises contre les Indiens d’Amérique, une lettre très sévère2 qui était une condamnation générale de l’esclavage, et des méthodes employées pour l’entretenir. L’opinion publique se sentait remuée.

La nécessité d’abolir l’odieuse traite des nègres fut soutenue par devant le parlement anglais par Wilberforce, qui, avec toute l’ardeur d’un cœur généreux et

1. Fiore, Nouveau droit international public, t. r, pp. 421-422.

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