Lettre Immensa Pastorum du 20 décembre
PHILOSOPHIE ET RELIGION
d’un esprit droit, s’efforça de démontrer à ses amis, aux lords, au roi et à la nation anglaise, tout ce qu’il y avait de révoltant dans la traite ; en 1792, 1794 et 1796, il revint à la charge ; trois fois la chambre des communes vota le bill pour l’abolition de la traite, et trois fois la chambre des lords le rejeta ; présenté de nouveau en 1806, il fut enfin adopté par les lords, et sanctionné par la chambre le 6 février 1807. 1
Les idées d’humanité qui prévalaient en Angleterre, et qui finirent par déterminer non seulement la suppression de la traite des noirs, mais plus tard celle de l’esclavage lui-même, ne pouvaient ne pas éveiller dans l’âme canadienne de justes et profonds échos. Cette sympathie passa vite dans les faits.
Le Canada, par l’acte constitutionnel de 1791, venait d’être partagé en deux sections gouvernementales distinctes. On y discuta presque immédiatement la question dont se préoccupaient si fort, dans la métropole, les meilleurs esprits.
Dans le Haut-Canada, le 9 juillet 1793, la. Chambre vota une loi2 prohibant toute importation nouvelle d’esclaves et' réglant pour l’avenir,, sans toutefois méconnaître les droits acquis, lesconditions d’affranchissement des enfants nésdans la servitude.
Les hommes politiques du Bas-Canada abordèrent eux aussi, vers la même époque, le