Ibid., p
PHILOSOPHIE ET RELIGION
le terme, et d’interdire toute introduction ultérieure d’esclaves en notre province. Le projet fut discuté, mais non voté. Il revint sur le tapis en 1801, puis en 1803, toujours sans succès1.
Faut-il croire que les propriétaires d’esclaves de cette époque jouissaient, à l’égard de plusieurs représentants du peuple, de moyens de persuasion analogues à ceux dont disposent aujourd’hui certaines grandes organisations industrielles et financières ?
Quoi qu’il en soit, l’esclavage déjà flétri par l’opinion mieux instruite de cette question, reçut enfin, en 1833, le coup de grâce.
L’Angleterre, nous l’avons dit, venait d’abolir la traite des nègres ; et les autres puissances de l’Europe, notamment la France (qui avait d’abord supprimé puis rétabli dans ses colonies l’esclavage)2, étaient entrées successivement dans cette voie salutaire3. Le Pape s’associait au mouvement ; bien plus, il en était l’âme.
Ce fut, au témoignage de Léon XIII4, Pie VII qui, à l’occasion du congrès tenu à Vienne par les princes confédérés de l’Europe, appela l’attention publique sur la traite des noirs, afin qu’elle fût complètement abolie, de même qu’elle était déjà tombée en désuétude dans beaucoup de pays. — Grégoire XVI, ajoute le