‹ Etudes et appreciations. -- (volume 5)Chapitre 109 sur 137 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

PHILOSOPHIE ET RELIGION

L’esclavage d’ailleurs, à cette date, ri’ était plus guère parmi nous qu’un usage désuet ou un simple souvenir. L’Eglise, dès le début, n’avait pu le voir sans tristesse s’attacher comme une plaie au flanc de notre société, et, dans les mesures prises des deux côtés de l’Océan pour le supprimer, c’est sa pensée, au fond, qui s’affirmait, et sa cause et sa politique qui triomphait.

Non seulement, depuis lors, la conscience publique s’est émue du sort cruel réservé aux esclaves, mais les efforts et les sacrifices les plus dignes d’éloges ont été faits, et se renouvellent d’année en année, pour combattre ce fléau à sa source même.

On sait la grande œuvre antiesclavagiste fondée en faveur de l’Afrique, et dont le Pape Léon XIII fut l’insigne promoteur, et Mgr Lavigerie le très actif organisateur. Pour associer le Canada à cette œuvre, nos évêques, il y a plus de vingt ans, établirent dans leurs diocèses une quête annuelle destinée à la soutenir et à la développer. Le cardinal Taschereau écrivait à cette occasion1 :

Toutes les nations civilisées de|l’Europe s’occupent en ce moment de faire sortir de l’esclavage et de l’idolâtrie les pauvres nègres de l’Afrique. La connaissance plus parfaite, acquise depuis quelques années, de l’état de barbarie inconcevable dans lequel se trouvent des millions de nos semblables dans le centre de l’Afrique, a dépassé de beaucoup ce que nous en pensions et ce que nous aurions osé imaginer. ^Les bêtes les plus fé-

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