Mandement du 25 déc
MELANGES CANADIENS
roces sont moins cruelles que bien des peuplades de l’Afrique centrale. Les hommes et les femmes tuent leurs semblables pour la moindre cause, souvent pour le seul plaisir de tuer ; les enfants sont tués et mangés ou livrés à des bêtes féroces. Chaque année, quatre cent mille Africains sont vendus comme des troupeaux d’animaux. Les parents vendent leurs enfants, les enfants vendent leurs parents, les plus forts vendent les plus faibles.
Puis l’archevêque de Québec exhortait les fidèles à encourager de leurs aumônes les missionnaires qui vont porter aux nègres d’Afrique les lumières de la foi et les secours de la civilisation.
Ces messagers de vérité et de justice se recrutent jusque dans nos foyers canadiens. Tous les ans, des jeunes hommes, aussi vaillants que pieux, sortis de nos collèges et de nos meilleures familles catholiques, s’enrôlent dans la belle milice des Pères Blancs d’Afrique. Après un temps déterminé de probation, ils partent, le front serein et l’âme joyeuse, pour le continent noir d’où la plupart d’entre eux ne reviendront probablement jamais. Ils se font ainsi les esclaves volontaires de la charité et du dévouement, pour tirer de l’esclavage où ils gémissent tant de nègres et tant de victimes de la cupidité et de la barbarie.
Des citoyens de notre pays eurent jadis le tort, plus ou moins inconscient, d’exploiter à leur profit cette infortune. On admettra que le Canada expie noblement sa faute, et qu’il paie bien sa dette envers l’ humanité.