L’abbé Gosselin, Vie de Mgr de Laval, t. n, p
PHILOSOPHIE ET RELIGION
les principes. On l’eût classé, il y a quarante ans, parmi les évêques ultramontains.
Préposé au gouvernement d’une Eglise naissante, absorbé par les soins innombrables d’organisation, d’administration et d’évangélisation, qui remplirent toute sa carrière d’évêque, Mgr de Laval n’eut guère le temps de poursuivre les études auxquelles il s’était livré avec amour pendant les années de sa formation cléricale. Néanmoins, les quelques écrits que nous avons de lui révèlent assez, avec l’érudition scripturale et patristique dont il y fait preuve, sa valeur intellectuelle manifeste. Dans un des rapports qu’il adressa à la Propagande sur l’état religieux du pays1, il décrit avec un rare talent d’observation le caractère propre des tribus indiennes ; puis, s’élevant jusqu’à la hauteur de l’apologétique chrétienne et de ses méthodes, il montre en une page d’un, grand sens théologique quel est le meilleur moyen de dissiper les préjugés des sauvages, de faire pénétrer dans leur esprit les mystères sacrés de la foi, et d’aidër au fond de leur cœur l’œuvre bénie de la grâce.
Ses instructions aux missionnaires2 portent non moins clairement la marque d’un homme très sensé, d’un psychologue expert et pénétrant,