‹ Etudes et appreciations. -- (volume 5)Chapitre 113 sur 137 · Ibid., pp · texte numérisé non relu

Ibid., pp

MELANGES CANADIENS

et d’une intelligence pleine de lumières sur les choses de Dieu et les réalités de la vie.

A l’exemple de saint Charles Borromée dont il semblait suivre les traces, le prélat regardait comme le premier de ses titres celui de docteur des âmes, de gardien incorruptible de la foi et de la morale. Rien ne pouvait le détourner d’en remplir les fonctions les plus pénibles et les plus délicates. Son mandement si énergique contre le luxe et la vanité des personnes mondaines, son attitude si inflexible et si persévérante dans la question vitale de la traite de l’eau-de-vie, le prouvent surabondamment.

Et pourtant cette fermeté, cette austérité de principes n’avait rien des rigueurs et des excès jansénistes qui faisaient alors, parmi les classes lettrées, de si cruels ravages. Le jansénisme étroit et sectaire ne pouvait avoir de prise sur un esprit aussi ouvert, sur une âme aussi droite et aussi respectueuse des directions de Rome. A ceux-là mêmes qui combattaient avec le plus d’ardeur les théories de Jansénius, nous voulons dire, aux Jésuites, Mgr de Laval témoignait la plus entière confiance. D’un autre côté, M. Dudouyt suivait d’un œil attentif les menées de la secte, et ce qu’il en écrivait de Paris suffisait pour maintenir son ami dans ses soupçons et dans sa défiance contre les doctrines nouvelles1.

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