‹ Etudes et appreciations. -- (volume 5)Chapitre 114 sur 137 · Abbé Gosselin, ouv. et t. cit., p · texte numérisé non relu

Abbé Gosselin, ouv. et t. cit., p

PHILOSOPHIE ET RELIGION

A côté du jansénisme qui troublait la paix des consciences, prévalait le gallicanisme dont les prétentions tendaient à ruiner ou à désorganiser l’autorité ecclésiastique. Pour un évêque venu de France, et redevable à Sa Majesté très chrétienne de secours et de faveurs insignes, le péril d’obséquiosité gallicane était grand. Mgr de Laval eut assez de force et assez de sagesse pour l’éviter ; et jamais prélat ne sut, avec plus de vaillance et avec plus de résolution, affirmer les droits de l’Eglise, proclamer sa suprématie religieuse, revendiquer sa prééminence juridique sur la société civile. J’oserais dire que ce fut, à travers tant de soucis qui assombrirent son front, l’une de ses plus graves et des ses plus constantes sollicitudes. Il voulait fonder une Eglise unie très fortement au centre de l’unité catholique, attachée à Rome par tous les liens de la foi, du culte et de la discipline, pleine d’égards sans doute pour la puissance temporelle, mais autonome dans sa sphère, souveraine et indépendante en tout ce qui touche aux intérêts religieux. Ses démêlés avec les pouvoirs publics n’eurent pas d’autre signification.

Remercions le ciel d’avoir établi l’Eglise du Canada sur un fondement auquel l’erreur n’a pu porter aucun atteinte, et dont toutes les pierres, fortes et pures comme le diamant, seront son immortelle gloire.

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