Mandements des Evêques de Québec, vol. i, pp
MELANGES CANADIENS
Notre-Seigneur, et à sa très sainte Mère, de célébrer douze fois par an le sacrifice de la messe, ou de communier et de dire le chapelet autant de fois, “ à l’honneur et en action de grâces de l’immaculée Conception ” de Marie, comme aussi de jeûner la veille de cette fête à la même intention. Et parce que l’exemption de toute faute assure à la Mère de Dieu un crédit tout puissant et une force d’intercession souveraine, on ne se contente pas, par ce vœu, de reconnaître et d’honorer sa conception sans tache ; on veut encore appeler sa protection efficace sur les travaux des missionnaires, et sur l’avenir religieux de tout le pays. — Ainsi, au Canada, l’Eglise et la patrie furent, dès l’origine, et par un acte public, consacrées à Marie Immaculée, et placées authentiquement sous son égide.
A ces témoignages viennent se joindre ceux de deux femmes qui occupent, elles aussi, une place d’honneur dans la galerie de nos gloires religieuses.
L’une, Marguerite Bourgeoys, l’illustre fondatrice de la Congrégation de Notre-Dame à Montréal, dans les écrits autographes qu’elle a laissés, rend un hommage formel à la conception immaculée de Marie1. L’autre, Catherine de Saint-
1. Mémoires 'particuliers pour servir à l’histoire de l’Eglise de l’Amérique du Nord. Vie de la Sœur Bourgeoys, t. n, p. 11.
PHILOSOPHIE ET RELIGION
Augustin, religieuse hospitalière de l’ Hôtel-Dieu de Québec, dès l’âge de dix ans, signait de son propre sang un acte admirable de consécration à la Sainte Vierge, et déclarait vouloir, par une entière pureté de vie, honorer le privilège de la très pure conception de la Mère de Dieu1. Plus tard, cette sainte religieuse, en une vision qu’elle a elle-même décrite2, put contempler à loisir, dans tout l’éclat de sa blancheur parfaite, Celle à qui, dès l’âge le plus tendre, elle avait voué, et sa personne, et sa vie.
Toutes les voix les plus nobles, les plus graves et les plus autorisées, se sont donc réunies pour faire entendre, sur le berceau même de l’Eglise canadienne, un hymne de louanges en l’honneur de Marie Immaculée. Ces hommages, émanés de consciences si droites et tombés de lèvres si pures, ne peuvent-ils pas être considérés connue le témoignage même de Dieu ?
Remarquons comment la doctrine de l’immaculée Conception faisait dès lors partie intégrante de nos croyances. On la présentait au peuple, non comme un dogme nouveau, ou un produit du génie humain et de la culture des siècles, ni comme une tradition propre au pays de France
1. Ragueneau, s.j., La vie de la Mère Catherine de Saint-Augustin (chez F. Lambert, à Paris, 1670).