Discours, t. i (3e éd.), p
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elle tous ceux qui combattent et qui, les yeux tournés vers l’avenir, cherchent d’où leur viendra le secours et le renfort. ”
C’est avec raison que l’Eglise, que les pasteurs et les soldats de l’Eglise se tournent de nos jours vers la jeunesse catholique, et qu’ils attendent d’elle et de ses groupements l’aide la plus précieuse.
De nouveaux besoins imposent de nouveaux devoirs, ou une plus grande intensité d’efforts dans l’accomplissement des devoirs anciens. L’assaut contre les croyances et les institutions religieuses redouble de violence. S’il n’est pas partout également à craindre, il vise partout le même but ; et il pourrait partout, si on ne gardait avec soin les remparts, ouvrir les mêmes brèches et causer les mêmes ruines.
L’Eglise ne reçoit plus, de la part des gouvernements, l’appui que ceux-ci jadis lui offraient. Presque toutes les puissances politiques l’ignorent, ou la livrent à elle-même, ou la chargent de fers. Le pouvoir laïque, égaré par des systèmes ou dominé par des convoitises, trahit très fréquemment sa mission. Cette mission, toujours nécessaire, passe aux mains des simples fidèles.
Les fidèles n’ont pas tous la science ni les aptitudes requises pour défendre l’Eglise. Ils ont
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tous le devoir de faire, par une vie individuelle honorable, l’apologie pratique de leur foi. Et il se trouve dans tous les pays, et dans tous les rangs de la société, des hommes que leurs talents, leurs loisirs, leur état de fortune, mettent en mesure de coopérer efficacement, soit par la parole, soit par la plume, soit par l’action, aux différentes œuvres patriotiques et religieuses. Sur ceux-là pèse une responsabilité qu’il serait peut-être difficile, surtout pour chaque cas particulier, de définir, mais qu’il serait encore plus difficile de nier.
Les conditions où se meut le corps social moderne, font à l’action personnelle une place de plus en plus large.
L’opinion publique joue, à notre époque, un rôle immense. . Sans lui reconnaître un pouvoir de suprématie et une autorité de gouvernement, nous ne saurions ne pas constater qu’elle fait et défait les ministères, et qu’elle influe de façons très diverses, et avec des résultats souvent très marqués, sur la confection des lois, et sur l’administration municipale, provinciale et nationale. Dans ce domaine de l’activité où le courant de la vie religieuse se mêle intimement au cours de la vie civile et des événements politiques, les services que de bons chrétiens, honnêtes, renseignés et dévoués, peuvent rendre à l’Eglise et à la société, sont incalculables. Dix justes eussent sauvé Sodome. Quelques apôtres du vrai et
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quelques champions du bien, pénétrés des mêmes principes et animés du même zèle, suffiront quelquefois pour enrayer, dans certains milieux, la marche de l’erreur et du mal, et pour déterminer une réaction salutaire1.
De là naît ce que l’on a appelé le “ devoir social Il ne faut ni le méconnaître, ni l’exagérer, ni l’amoindrir. Tel qu’il est, et tel que je le conçois, il présente aux regards un idéal de noblesse, de générosité, et de virilité, bien propre à tenter toutes les âmes vaillantes et tous les esprits d’élite. L’Association de la Jeunesse catholique vous convie, Messieurs, à joindre vos forces et à fourbir vos armes pour la conquête de cet idéal. J’ai relu avec une joie intense, doublée d’une admiration véritable, les Statuts généraux qui gouvernent vos assemblées et qui règlent votre travail. Et j’ai puisé dans cette lecture l’intime et réconfortante conviction que vous avez là un programme capable d’éveiller en vous les plus nobles ardeurs, et capable de faire de vous des fils irréprochables de l’Eglise, et des serviteurs de la patrie dignes de nos plus hautes et de nos plus glorieuses destinées.
1. “On ne mesurera jamais le pouvoir d’aimantation que le caractère d’un seul exerce sur l’irrésolution de tous” (E.-M. de Vogüé).
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En tête de ce programme figure la piété.
Un jeune homme consulta un jour saint Thomas d’Aquin sur les meilleurs moyens d’acquérir la science et la sagesse. Le grand docteur lui répondit en appuyant tout d’abord sur le rôle de la prière et sur l’importance de la pureté du cœur. Conscientiœ puritatem amplectere. Orationi vacare non desinas1. La prière ouvre les sources de la grâce ; et la grâce, en purifiant la conscience, établit dans l’homme la vie divine. C’est de cette vie que se nourrissent les entraîneurs d’âmes et les semeurs de bien. C’est cette sève qui se répand, comme un sang généreux, dans toutes leurs pensées, dans tous leurs projets, et dans toutes leurs démarches. C’est cette puissance qui les fortifie dans leurs travaux et leurs luttes, et qui les oriente vers l’horizon où ils entrevoient plus de justice, plus de vérité, plus de charité, et plus d’honorabilité.
L’apostolat auquel l’élite de la jeunesse catholique est appelée, pourrait très bien se définir un effort, individuel ou collectif, ayant pour but de transmettre la vie divine dans toutes les parties et dans toutes les artères de l’organisme social. Il y a là comme une sorte de génération spirituelle, une coopération de l’âme et de toutes ses puissances à l’œuvre du salut de la société. Et on n’engen-