‹ Etudes et appreciations. -- (volume 5)Chapitre 12 sur 137 · Ouv. cit., p · texte numérisé non relu

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loi, par laquelle ils dirigent les esprits et meuvent les volontés, doit s’inspirer du bien commun et des besoins de la collectivité1. C’est le contrepied de l’idée païenne immolant les corps et les âmes sur l’autel de l’Etat.

L’organisation sociale n’est pas un but, mais un moyen'2. Les familles sont constituées dans l’intérêt des individus. La cité sert la cause des individus et des familles. La province pourvoit aux besoins des cités et des municipes. L’Etat central n’a de raison d’être que dans le bien et le progrès des provinces confédérées. L’édifice de la société joue le rôle de nos constructions de bois, de pierre ou de marbre, lesquelles n’ont pas pour but d’étouffer entre leurs murs la vie humaine, mais de la couvrir, de la protéger, et de la mettre en état de mieux subvenir à ses nécessités. Aussi toute nouvelle construction politique doit-elle être jugée d’après la somme des avantages ou des inconvénients qui peuvent en résulter pour les pays appelés à s’y abriter. Les empires les plus colossaux par leur masse, par la grandeur des sacrifices qu’ils entraînent, et par le chiffre des populations qui en font partie, ne sont pas toujours les plus désirables ni les plus dura-

1. S. Thomas, Sorti, théol., i-ii, q. xc, art. 2. — Cf. id., de Regim. princ., 1. i.

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