Ibid
MELANGES CANADIENS
Telle la question de l’éducation qui, depuis quelques années, assombrit notre ciel de nuages si menaçants.
Je constate avec plaisir que, dans les cercles d’études de la Jeunesse canadienne-française, ce sujet très actuel semble être constamment à l’affiche. Vos directeurs ont saisi l’importance primordiale d’un pareil problème. “ C’est, a dit Lacordaire1, dans le cœur du jeune homme que se creusent et s’asseoient les forteresses de l’âge mur. . . Malheur à l’empire qui confond l’enseignement avec l’éducation, qui croit que le bien jaillit de la science et de la littérature, quelles qu’elles soient, et qu’aligner des mots qui se pondèrent, c’est préparer l’âme de l’homme et du citoyen. ”
L’éducation de l’enfant relève d’abord des parents qui l’ont engendré, et qui gardent sur lui une autorité inaliénable. Par le côté de l’instruction religieuse dont tout proclame la nécessité, l’école tombe sous la juridiction de l’Eghse. C’est en remontant vers les principes, et en arrêtant son regard sur la nature de la famille, sur la nature de l’Eglise, sur la nature de l’Etat, que l’esprit voit clair dans ce problème où tant d’intérêts se croisent, et où tant d’opinions viennent se heurter. Ici, comme en beaucoup d’autres questions très graves, le rôle des vérités-principes est capital.