Mand. des Ev. de Québec, vol. u, pp
PATRIOTISME ET NATIONALITE 119
leur d’un évêque atteint dans ses entrailles de père, et celle d’un gentilhomme indigné par les procédés les plus odieux dont une administration civile puisse se rendre coupable.
Tous les historiens, sans distinction de race, pour qui le droit naturel et le droit des gens ne sont pas lettre morte, ont flétri, dans les termes les plus méprisants, cet assaut contre l’existence d’un peuple paisible. On connaît les belles études de M. Rameau de Saint-Père sur la France aux colonies. Le récit qu’il fait de la dispersion acadienne, et des détails navrants dont ce crime fut accompagné, se termine par ces paroles cinglantes :
Vengeance lâche, cruauté implacable, cupidité vile, tout se trouve réuni .dans cette odieuse exécution pour en augmenter l’infamie et en faire une des plus honteuses pages de l’histoire d’Angleterre.1
Le Dr J.-C. MacMillan, dans son histoire de l’Eglise catholique à l’Ile du Prince-Edouard, ne juge pas moins sévèrement la déportation :
Par cette mesure barbare, dit-il2, l’une des taches les plus honteuses qui ternissent les annales canadiennes, des milliers d’innocents, hommes, femmes et enfants, furent arrachés aux foyers créés par leur travail, expulsés du pays qu’ils avaient appris à aimer, et con-