La France aux colonies. Les Acadiens, p
2. The early hist. of the Cath. Church in P. E. p. 28 (Quebec, 1905).
MELANGES CANADIENS
traints de chercher un refuge sur des terres étrangères.
Un jésuite américain, le Père Campbell, synthétisant à larges traits l’histoire acadienne1, ne trouve, lui aussi, nulle excuse à cet acte monstrueux, commis “ envers de paisibles paysans qui, pendant quarante ans, s’étaient montrés fidèles à la Couronne d’Angleterre ”, et suivi de la confiscation de leurs biens en faveur des colons anglais.
Quelques historiens de langue anglaise ont, il est vrai, assumé la tâche ingrate de justifier l’expulsion acadienne et d’en blanchir les auteurs. L’un des plus récents ouvriers de cette entreprise d’amnistie historique est un correspondant américain de la Société Royale du Canada, le Dr Ganong. Dans une étude sur le Nouveau-Brunswick présentée à la Société en 1904, cet écrivain vient à parler des groupes français établis en Acadie et de la déportation acadienne. Ce fut là, à ses yeux, une mesure assurément pénible, mais juste, et motivée par deux raisons : “l’instinct de la conservation nationale”; et “l’implacable esprit de guerre qui domine la politique des nations, et dont nous ne sommes pas encore exempts aujourd’hui2. ”