Id., ouv. cit., t. il, ch. xix-xx
PATRIOTISME ET NATIONALITE
l’Acadie fut, en général, essentiellement utilitaire. Tout d’abord on empêcha les Acadiens de quitter le pays ; puis, quand leur utilité parut avoir cessé, on les chassa de la façon la plus barbare. Dans les deux cas, la race acadienne fut sacrifiée à l’intérêt et au bon plaisir des pouvoirs nouveaux.
Le traité d’Utrecht de 1713, conclu entre l’Angleterre et la France, stipulait expressément (art. 14) que les sujets du roi de France, “ auraient la liberté de se retirer ailleurs, dans l’espace d’un an, avec tous leurs effets mobiliers ”, et que ceux qui préféreraient demeurer sous le régime anglais jouiraient, autant que pouvaient le permettre les lois de la Grande Bretagne, du libre exercice de leur religion. Peu après, la reine Anne d’Angleterre, par égard pour Louis XIV, accentuait ces termes du traité, renouvelant à tous les Acadiens, sans fixer aucun délai, la permission de quitter l’Acadie, et assurant à ceux qui resteraient “ la pleine et libre possession de leurs terres1 ”.
Les Acadiens, peu soucieux de vivre sous le nouveau régime, se préparèrent à quitter la province.
Leur départ, dit Richard2, eût été un fait accompli