Id., ibid., t. i, pp
2. Ibid., pp. 117-119. — Cf. Casgrain, Un pèlerinage au pays d’Evangéline (2e éd.), pp. 59 et suivantes.
MELANGES CANADIENS
dès l’automne de 1713, sans les empêchements qu’y mit le lieutenant-gouverneur Vetch, empêchements repris sous toutes les formes par Nicholson, Caulfield, Doucett, Richard Philipps, Armstrong, et plus tard encore par Cornwallis. Pendant clix-sept ans, de 1713 à 1730, tous les événements d’Acadie se rattachent par un lien ou par un autre aux ruses qui furent déployées par les autorités pour faire échouer le plan d’exode que les Acadiens avaient formé, et pour river ceux-ci au sol par un serment d’allégeance.
Ce que l’historien cité affirme ici, il le prouve tout le long de son ouvrage, par des textes empruntés, non pas à des documents truqués ou à des archives incomplètes, mais aux sources les plus authentiques. La mode de ne voir dans les traités les plus solennels que de simples chiffons de papier, ne date pas de notre époque ; et la politique basée sur la raison du plus fort ne figure pas seulement dans les fables de Lafontaine, et dans le code militaire de certains officiers teutons.
Par une duplicité doublement odieuse chez des chefs de gouvernement, les Acadiens, dont on jugeait le départ ruineux pour la colonie, furent donc retenus sous le sceptre anglais. On allégua la nécessité de consulter à leur sujet les autorités de la métropole. Ce n’était qu’un prétexte, et on se servit de ce mensonge pour couvrir de nouvelles ruses et préparer de nouvelles embûches.
Mis dans l’impossibilité d’émigrer vers une
PATRIOTISME ET NATIONALITE
terre française, les Acadiens furent invités à prêter le serment d’allégeance envers la Couronne britannique. Une défiance instinctive les détournait de ce serment. Ils finirent, toutefois, par se montrer prêts à l’accepter, pourvu qu’une clause expresse les dispensât de prendre les armes contre la France. Cette demande dictée par un sentiment très noble, était fondée en droit.
Il fallait, ou les laisser partir avec leurs effets et leurs bestiaux, conformément au traité de paix et à la lettre de la reine, ou accepter les conditions qu’ils mettaient à leur séjour dans le pays1.
Ces conditions furent d’abord mises de côté, et on usa des stratagèmes les plus indignes, d’intimidation tour-à-tour et de cajoleries, pour arracher aux Acadiens un serment sans restriction. Les tentatives répétées, faites dans ce dessein, restèrent infructueuses. Et ce n’est qu’en 1730, grâce à une promesse verbale les exemptant de combattre leurs compatriotes, qu’on parvint à obtenir de ces fils de France, d’ailleurs très loyaux, le serment désiré.
Tant d’actes insidieux et de manœuvres obliques ne présageaient rien de bon pour l’avenir.
Depuis un certain temps déjà, l’idée d’une déportation germait dans quelques têtes dirigeantes. “ Pour ce qui est des habitants français de la