Cf. ibid., pp
3. Mentionnons ici la “ Revue acadienne ” fondée à Montréal l’an dernier, et qui est dirigée par le Dr Edm. Aucoin.
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littérateurs comme Pascal Poirier, des historiens comme Edouard Richard. L’ouvrage de Richard, édité et commenté d’une façon vraiment remarquable, et avec autant d’érudition que de style, par un cousin de l’auteur, M. Henri d’Arles, et qui a fait le fond de la présente étude, venge la race acadienne des préjugés amassés contre elle. C’est, dans son ensemble, une œuvre puissante de vérité et de justice.
Forts de l’influence que donne une instruction plus haute et plus sûre, les Acadiens montent peu à peu dans l’échelle sociale. Ils forment la moitié de la population catholique des trois provinces maritimes, et l’autorité romaine a été saisie des questions vitales que ces chiffres font surgir. Leur clergé se recrute, sinon en proportion directe de leurs vœux, du moins avec des succès croissants. Le Saint-Siège a honoré plusieurs de leurs prêtres ; et l’un des cinq diocèses où les familles de leur sang se sont si merveilleusement accrues, a été placé naguère sous la houlette d’un Acadien, Sa Grandeur Mgr Leblanc1. Les portes de la magistrature, des législatures provinciales, du parlement fédéral, se sont ouvertes devant ces descendants de proscrits. Plus que cela, dans le Nouveau-Brunswick, la race
1. Un autre Acadien, Mgr Chiasson, Eudiste, vient d’être fait évêque et nommé Vicaire Apostolique du Golfe Saint-Laurent.
française se développe avec une telle vigueur que, lors de la dernière consultation électorale, elle a pu envoyer à la législature dix représentants français et catholiques, lesquels tiennent en leurs mains la balance du pouvoir. Enfin, c’est un Acadien, l’hon. M. Arsenault, qui, depuis quelques mois, remplit dans File du Prince-Edouard les fonctions de premier ministre.
Les Acadiens se sont groupés en société nationale, sous la protection de Marie, fortifiant ainsi le sentiment patriotique par l’idée religieuse. Une nouvelle force leur est venue du Congrès de la Langue française tenu à Québec en 1912, et surtout du “ Comité permanent ” et du “ Ralliement catholique et français ” qui en sont sortis. Voilà certes deux organisations bien propres à resserrer les liens de la fraternité française, et à opérer une jonction plus intime et plus efficace entre la famille acadienne et la famille francocanadienne.
Lorsque les bannis de 1755 furent livrés aux caprices de la mer pour être jetés et dispersés sur tous les rivages, il y en eut qui, s’armant d’un reste d’énergie, parvinrent à se rendre maîtres des vaisseaux sur lesquels on les avait parqués, et à ramener ces navires vers des ports français. N’était-ce pas là l’image, le signe précurseur de ce que nous voyons aujourd’hui dans les sphères sociales de l’ancienne Acadie, où les premiers
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habitants du sol, si injustement dépossédés, ont pu ressaisir une partie de leur influence, et où plusieurs d’entre eux prennent une part de plus en plus grande dans la direction du vaisseau de leur pays ?
La Providence se joue des calculs des hommes ; et elle marque souvent son action par d’éclatants retours de justice. Elle venge, dans l’existence bénie des fils, l’honneur et la fortune, outragés des ancêtres.
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