Acta et decr. conc. plen. Queb. primi, nn
PHILOSOPHIE ET RELIGION
monde ; le second, est de tenir l’esprit des élèves en dehors du mouvement philosophique moderne, et de laisser, par système, ignorer aux jeunes gens les œuvres brillantes d’intelligences très ornées et d’écrivains très populaires.
Le premier reproche, s’il était fondé, serait grave. Nous savons très bien, et nous avouons très franchement que l’à priorisme, sans autres ressources que lui-même, ne saurait fournir à la philosophie l’armature d’où celle-ci tire ses lignes, sa force, et ses éléments. Deux procédés joignent leur concours dans cette construction intellectuelle, l’analyse et la synthèse, l’induction et la déduction ; et ces deux formes logiques, ces deux méthodes intermédiaires entre l’empirisme et l’idéalisme, sont précisément celles que la philosophie thomiste, d’une façon plus ou moins marquée, met en œuvre, et que nos professeurs apprennent à leurs élèves.
La vraie méthode philosophique, dit un disciple de saint Thomas1, est celle qui s’adapte à la nature de l’homme, et à la nature de la science philosophique elle-même. Or, telle est la méthode analytico-synthétique. On le prouve par deux raisons : 1° par la nature de l’homme. L’homme se sert, en philosophie, de ses sens et de sa raison, de telle façon cependant que la connaissance commence par le sens et s’achève par l’intellect. Or l’analyse, qui est la première partie de la méthode analytico-synthétique, exige le secours