‹ Etudes et appreciations. -- (volume 5)Chapitre 67 sur 137 · Gonzalez, ouv. et t. cit., p · texte numérisé non relu

Gonzalez, ouv. et t. cit., p

2. Nous devrions dire “ les ancêtres ” : Descartes en est un.

3. L. van Becelaere, O. P., La Philosophie en Amérique (New-York, 1904), p. 78.

PHILOSOPHIE ET RELIGION

sorte de magistrature intellectuelle. Dans la plupart des programmes d’études, Kant tient une place d’honneur. L’une des publications les plus franches et les plus significatives de l’état d’esprit qui existe en certains milieux philosophiques canadiens, c’est la revue que nous avons citée plus haut1, et que dirige un comité de professeurs de l’université Queen, dans l’Ontario. Nous avons lu divers articles de cette revue. Quelques réserves y sont faites touchant les principes de Kant. Très souvent, néanmoins, l’esprit kantien suinte à travers ces pages, et y répand les incohérences d’un criticisme frondeur et sceptique. Kant met en question l’objectivité de nos idées, et le pouvoir que leur accorde la doctrine scolastique de refléter les choses comme en un miroir2. Il atteint du même coup le fondement de la loi morale et des devoirs naturels, qui est Dieu. Dieu, pour lui, n’est que le postulat d’une supposition, non l’objet d’une démonstration. Or, toute philosophie qui ébranle les certitudes divines, le dogme d’un Dieu créateur, d’un Dieu législateur, d’un Dieu rémunérateur, trouble les lois profondes de la conscience et secoue la société jusque dans ses bases. On aura beau parler de droit, de justice, de devoir : la logique, plus forte

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