Queev.’s Quarterly, Kingston, Canada
2. M. Watson ( ibid vol. xm, pp. 106 et suiv.) rejette positivement cette théorie.
MELANGES CANADIENS
que les mots, videra ces vocables de leur sens naturel, et libérera les volontés de tout frein.
Insoumission de l’âme et de ses passions, indiscipline de l’esprit et de ses facultés, le subjectivisme enfante tout cela, et tout ce qui, d’une manière quelconque, en résulte. On représente souvent les doctrines de Hegel comme un aboutissement de celles de Kant. Elles en sortent, oui, et pourtant elles s’en distinguent par un concept évolutionniste prononcé ; et elles ne sont pas, non plus, sans rapports avec le système de Berkeley.
L’hégélianisme peut se définir l’identification hardie et fantasque du monde de la pensée et de celui de la nature sous une forme évolutive très vaste, très ordonnée, très élaborée ; en sorte que, pour Hégel, Dieu n’est plus que la synthèse jamais achevée de cette conception. Moins populaire que celui de Kant, mais plus radical, le système hégélien a séduit bon nombre d’intelligences mal protégées contre sa grandeur trompeuse.
Nous lisions récemment ces paroles d’un écrivain français distingué1 :
Une raison de dessous, toute intuitive, nous crie que les opérations de notre intellect sont ruinées sans relâche par un principe supérieur, celui de l’identité des contradictoires.
1. Vte E.-M. de Vogue, Regards hisl. et litt. (3e éd.), p 125.
PHILOSOPHIE ET RELIGION
La réconciliation des contraires dans un même tout qui les absorbe, et la substitution du relatif à l’absolu dans un amalgame qui embrasse toutes les vérités et toutes les erreurs, c’cst bien là, en effet, l’une des caractéristiques de l’œuvre hégélienne. Emerson, aux Etats-Unis, compte parmi les plus fervents disciples de Hégel :
Pour lui, l’univers se compose d’un double élément parallèle, nature et âme. La nature n’est que le symbole de l’âme qu’elle sert à instruire des vérités intellectuelles et morales ; mais en réalité ce double élément se résout en l 'unité foncière et ultime de l’Esprit universel, principe de l’un et de l’autre ; de telle sorte que toutes choses extérieures, “ nature, littérature, histoire, ne sont plus que des phénomènes subjectifs ”, et l’univers entiers “ qu’une vaste image peinte par Dieu, pour la contemplation de l’âme, sur le fond de cet instant qui est l’éternité ”. “ Dieu est, et toutes
choses ne sont que des ombres de lui1 ”.
Nous ne saurions dire, au juste, quelle part directe les doctrines de Hégel peuvent avoir dans l’enseignement de certaines chaires philosophiques canadiennes. Ce qu’il y. a de sûr, c’est que ces théories sont connues chez nous, et qu’elles y éveillent des échos sympathiques. Le professeur Caird d’Oxford a été, dans les pays britanniques d’outre-mer, l’un des protagonistes les plus illustres et les plus ardents de l’idée hégélienne. Une conférence de ce philosophe sur “ l'idéalisme et