‹ Etudes et appreciations. -- (volume 5)Chapitre 73 sur 137 · The catholic Encyclopedia, vol. xii, p · texte numérisé non relu

The catholic Encyclopedia, vol. xii, p

MELANGES CANADIENS

Et bien loin d’éclairer d’un jour plus lumineux le mystère de l’âme, la nature de ses puissances et de ses fonctions les plus élevées, elle a rabaissé cet être si noble dans son immatériellle substance, au rang des activités inférieures1.

Nous voulons croire que nos collègues des universités canadiennes protestantes, en commentant devant leups élèves les auteurs de psychologie expérimentale, s’imposent la tâche de compléter chez ces savants ce qui manque, de redresser ce qui cloche, et d’éliminer ce qui répugne. Et en exprimant cet espoir, nous n’avons pas seulement en vue les intérêts de la science. Nous pensons à l’union des Canadiens de toute langue et de toute croyance sur des bases de doctrine d’autant plus fermes et d’autant plus sûres

1. Voir Titchener, A beginner’s Psychology (1918), dont on fait usage en certaines universités anglo-protestantes du Canada. Cet ouvrage n’est qu’une description de faits et d’attitudes psychiques, sans distinction entre l’ordre intellectuel et l’ordre sensible, où l’on ne dit rien de la substance de l’âme, de sa spiritualité et de son immortalité, et où l’auteur s’apphque à faire voir “ le mécanisme nerveux de la pensée ”. — L’auteur d’un autre traité de psychologie en usage chez nos frères séparés (Stout, A vianual of Psychology ) se hasarde à faire une distinction essentielle entre l’âme et le corps ; mais ce n’est là, pour lui, qu’une hypothèse (p. 18, 3e éd.).

PHILOSOPHIE ET RELIGION

que sera réduit davantage le nombre des thèses de philosophie qui nous divisent.

Cette union, il faut la faire. Nous habitons le même pays. Nous nous dévouons à son progrès avec un même zèle, et nous collaborons à sa grandeur avec un égal amour. Si l’unité de race et de langue n’est ni désirable ni réalisable parmi nous, le rapprochement des esprits et l’accord des volontés peuvent s’accomplir sous l’inspiration d’un même programme et à l’ombre d’un même drapeau. Ce drapeau, c’est celui qui flotte au sommet de notre histoire, et qui porte, avec les souvenirs glorieux du passé, le gage de notre force et le secret de nos destinées. Ce programme, c’est la loi de vie, essentielle aux peuples, que nous trouvons dans trois suprêmes vérités, sans lesquelles aucune nation ne saurait se promettre des jours prospères : l’âme, Dieu, le devoir.

Grâce au ciel, le Canada n’est pas un pays athée. Ses lois, ses fêtes, ses prières officielles, le langage de ses chefs, ses . formules 'de serment, tout démontre le caractère spiritualiste de cette nation confédérée. Il est donc juste d’assigner à notre enseignement, non seulement la mission très louable d’instruire l’homme de tous les procédés et de tous les perfectionnements de la science pratique, mais encore et surtout la haute et sublime fonction qui consiste à ouvrir devant l’esprit de l’adolescent les avenues de la vie fu-

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ture, à lui apprendre comment prouver la spiritualité de l’âme, l’existence et les perfections de Dieu, les conditions d’un ordre moral basé sur la loi naturelle, la justice et la liberté. Nos études et nos veilles profiteront d’autant plus à la jeunesse canadienne que ce triple but aura été plus efficacement atteint.

Dans tous les centres intellectuels de notre patrie, des esprits d’élite et des hommes de bien se livrent aux labeurs généreux de la pensée. Iis ont à cœur la connaissance du vrai. Ils sondent du regard les graves problèmes qui n’ont cessé, depuis l’origine du monde, de fixer l’attention des sages. Leur plus beau titre de gloire sera, non pas d’avoir décrit minutieusement tous les systèmes passés et présents, non pas d’avoir euxmêmes conçu quelque théorie nouvelle, si utile et si ingénieuse qu’on la suppose, mais d’avoir fortifié et propagé celles des doctrines humaines qui concilient le mieux les droits de Dieu et les droits de l’homme, (jui harmonisent le mieux les exigences de la foi et la puissance de la raison, et qui établissent sur des fondements plus inébranlables la notion du juste et de l’injuste, le culte dû à Dieu, la moralité privée et publique, et l’équité nécessaire au bon gouvernement des peuples.

De même que les Etats ont besoin d’une constitution, les sociétés et leurs chefs ont besoin d’une philosophie. Heureux les Etats où la con-

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stituiion répond aux véritables besoins politiques, ot I mm i mises l(*s sociétés où les philosophes el, les maîtres sènuMit des principes de vie !'

I. Noiih offrons ici iioh i>Iiih sincères remerciements iY tous les confrères cju i oui bien voulu nous aider dans ce travail, particulièrement iY Mri- A.-l1). (losselin, le distingué archiviste du Séminaire de Québec, au Très Révérend II I’. McPherson, l'cctcur de l'université eatlioli(|ti(‘ d ' A n I. i (.<< 1 1 1 n 1 1 , au Révérend Père, I. I Union, S. .1,, iY M . l'abbé I’. II. (Jarneau, UiUliotliéeaire de 1 université Uaval,a.u Révérend lYrc A. •I.'i. iniu, de l'université d’Ottawa, tY M. Publié I’.-Alex. Arclm.mbo.ull., du Béininairo de philosophie de Montréal, et iY M. l'abbé Artli. Robert, du séminairo de (Québec.

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